C'est bon pour le moral!
Difficile, avant d’avoir entendu Sabrina Sabotage du groupe Orange Orange chanter lascivement dans son micro, d’imaginer que La Compagnie Créole aurait pu donner lieu à quelque chose d’aussi sensuel. «Le bal masqué, au fond, ça parle d’échangisme!» croit son partenaire Dom Hamel.
Les deux membres d’Orange Orange font partie des 11 artistes ou groupes ayant accepté de participer à l’initiative de Guillaume Lombart pour créer cet album hommage à La Compagnie Créole, Les machines à danser. Yann Perreau et Ariane Moffatt, Creature, Dubmatique et Misteur Valaire, pour ne nommer que ceux-là, remettent au goût du jour des succès du populaire groupe, sous les bons soins des réalisateurs Pierre-Philippe Côté (Pilou) et Martin Pelland.
«On tenait à ce que ça soit des artistes de la relève qu’on retrouve sur le disque, soutient l’éditeur d’Ad Litteram Guillaume Lombart, instigateur du projet. Il fallait aussi trouver des artistes qui ont l’habitude de faire danser les gens, parce qu’on voulait faire un album qui donne envie de bouger du début à la fin!»
Les deux réalisateurs affirment n’avoir eu aucune difficulté à réunir leur équipe, puisque pratiquement tous ceux à qui ils ont pensé ont accepté d’emblée le projet. «Ça m’a agréablement surpris! admet Martin Pelland. Quand j’ai demandé à Navet Confit de faire Ça fait rire les oiseaux, par exemple, je m’attendais à ce qu’il trouve le projet trop commercial, mais non, il a adoré l’idée!»
Si la plupart des artistes reprennent des succès archiconnus comme Collé collé (Mad’moiZèle Giraf), Vive le douanier Rousseau (Misteur Valaire) ou C’est bon pour le moral (Radio Radio), Dubmatique a tenu à reprendre une pièce plus obscure en choisissant Shala Shala. «Cette chanson parle de guerre, et c’est un thème qui nous rejoint, entre autres parce qu’on a dû se battre pour imposer le hip-hop au Québec», explique Jérôme Belinga.
La chanteuse Stéphane Moraille, qui reprend avec Franky Selector la pièce Santa Maria de Guadeloupe, ajoute, au sujet des pièces moins célèbres : «Quand on pense à La Compagnie Créole, on pense tout de suite aux succès plus « quétaines », mais il y a de véritables bijoux méconnus dans leur répertoire!»
Pour Guillaume Lombart, l’important était surtout que chaque artiste parvienne à s’approprier sa chanson et à la moderniser, une vingtaine d’années plus tard. «Je crois que c’est réussi!dit-il. Chaque morceau sonne comme quelque chose que l’artiste aurait composé lui-même, parce qu’ils se sont approprié leurs pièces. Et c’est ce qui fait qu’une chanson est bonne, quand on peut l’adapter à toutes les sauces et que ça fonctionne!»
Les machines à danser
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