Isabelle Boulay chante pour la première fois Montréal sur Les grands espaces. Cette chanson-là me rappelle quand j'ai emménagé ici, dit-elle à propos de Fin octobre, début novembre. À l'époque, je vivais seule au coin de Beaubien et de Saint-Denis, et je sortais la nuit pour me promener sur le boulevard Saint Laurent.»

Avec Benjamin Biolay, on ne badine pas. Parlez-en à Isabelle Boulay et à ses musiciens, qui ont goûté à la médecine «douce» du chanteur français cet été, durant l’enregistrement des Grands espaces, le nouvel album de la Québécoise. En studio, Biolay exigeait de la part de ses collaborateurs une attention de tous les instants. «On ne pouvait pas avoir la tête ailleurs parce qu’il le voyait tout de suite, confie l’interprète. Johnny Hallyday est comme ça : si tu chantes avec lui et que tu décroches pendant un huitième de seconde parce que tu as pensé au cadeau que tu dois acheter à ta mère, il s’en rend compte. Ça m’est arrivé une fois quand je faisais la tournée avec lui. Après le show, il m’avait dit : « Mais qu’est-ce qui s’est passé, Isabelle? » J’avais compris le message!»

Isabelle Boulay tenait mordicus à confier la réalisation de son huitième opus à Benjamin Biolay. Aux dires de la chanteuse, il était le seul à pouvoir l’aider à charmer le public français avec les sonorités country folk qu’elle affectionne tant, mais dont les Européens ne raffolent guère. «Je voulais faire résonner le souffle de l’Amérique profonde dans mes chansons… et pour y arriver, j’avais besoin de Benjamin, note-t-elle. Parce qu’en plus de connaître la variété française, il possède une grande culture de la musique country.»

Benjamin Biolay a porté plusieurs chapeaux durant l’enregistrement du CD : réalisateur, musicien (il joue du piano, de la guitare et de l’orgue), auteur (il signe la pièce Voulez-vous l’amour?) et chanteur (Summer Wine, une reprise d’une chanson interprétée à l’origine par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra).

«Il a été d’une générosité absolue, affirme Isabelle. Il ne m’a jamais lâchée.»

L’histoire d’amour – professionnelle – entre Isabelle Boulay et Benjamin Biolay est née au tournant du siècle dernier, à l’époque de Mieux qu’ici-bas. Leurs chemins se sont par la suite croisés sur Tout un jour (2004) et Nos lendemains (2008), des opus couronnés de succès des deux côtés de l’Atlantique. Avec le temps, le tandem a développé une complicité que la chanteuse qualifie de «tacite».

 «Dans la création, c’est le meilleur alter ego que j’ai connu, déclare-t-elle. Pour se comprendre, on n’a pas besoin de beaucoup se parler.»

Benjamin Biolay n’est pas le seul artiste de renom à avoir participé à l’aventure des Grands espaces. Isabelle Boulay s’est notamment entourée de Michel Rivard (Partir au loin), Mario «Luigi» Leblanc (Fin octobre, début novembre), Jean-Louis Murat (Amour aime aussi nous voir tomber) et Dolly Parton. Cette dernière joint sa voix à celle de la Québécoise sur True Blue, que la paire a enregistrée à Nashville.

 Initiée par l’ingénieur de son Gary Pacsoza, cette rencontre restera à jamais gravée dans la mémoire d’Isabelle Boulay. «Des fois, dans la vie, tu mesures le chemin que tu as parcouru et tu te demandes comment tu as fait pour te rendre jusque-là. C’était un de ces moments-là», souligne-t-elle.

Car Dolly Parton n’est pas qu’une simple chanteuse aux yeux d’Isabelle. «Je l’ai découverte grâce à ma grand-mère, qui regardait la télé pour trois raisons : les nouvelles, le pape et Dolly Parton, raconte-t-elle. Pour nous, elle représentait l’ascension d’une femme de la classe ouvrière. Elle était une source d’inspiration, la preuve vivante que c’est possible d’atteindre les plus hauts sommets quand tu viens d’un milieu modeste.»

L’hiver 2011-2012 sera fort occupé pour Isabelle Boulay. À la fin novembre, elle entame une tournée européenne d’une durée de trois mois qui la mènera entre autres au Casino de Paris. Elle reviendra par la suite au Québec pour une autre série de concerts, avec des représentations prévues à l’Olympia de Montréal les 7 et 8 mars 2012.

Isabelle in english
On compte plusieurs titres en anglais sur Les grands espaces : des reprises (At Last, To Know Him Is to Love Him, True Blue, Summer Wine), mais aussi une pièce originale, All I Want Is Love.

Composée expressément pour Isabelle par les paroliers américains Ross Copperman et Alyssa Bonagura, cette chanson devait à l’origine figurer sur un projet d’album en anglais de la diva québécoise.«Ça n’aura pas lieu maintenant, mais je garde espoir que ce disque soit créé qu’un jour», dit l’interprète.

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