Le destin de Pierre Hébert aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre en 2003, alors que le comique en herbe passait les deux plus importantes entrevues de sa carrière au cours de la même semaine : une à l’École nationale de l’humour et une autre à l’Université de Montréal, où il prévoyait poursuivre un doctorat en psychologie.

«J’avais fait une journée de tests à l’Université de Montréal. Ça s’était bien passé. J’avais trouvé ça correct, se rappelle-t-il. Mais quand je suis arrivé à l’École de l’humour, j’ai eu un coup de foudre. Durant l’audition, je leur ai même dit : « Si vous ne me prenez pas, je vais faire mon docto­rat et je vais être malheu­reux! »»

Un peu de chantage émotif, mon Pierre? «Hey! Quand tu sais ce que tu veux, tu prends les moyens qu’il faut pour y arriver!»se défend-il en riant.

Dans une semaine, Pierre Hébert réalisera le rêve qu’il caresse depuis cette période charnière de sa carrière. Mercredi soir prochain, il foulera les planches du Gesù à l’occasion de la rentrée montréalaise de son tout premier one man show. En entrevue, l’humoriste paraît étonné quand on lui fait part des attentes du public et de la critique à l’égard de son spectacle : «Il y en a? Pour vrai?»

Et comment! L’étoile de Pierre Hébert ne cesse de monter depuis son arrivée dans le paysage culturel québécois. Sacré Révélation Juste pour rire en 2008 et Découverte aux Olivier en 2010, ce Sherbrookois d’origine s’illustre aussi au petit écran : cet automne, il reprend son rôle dans la troisième saison de Vrak la vie, une émission phare de la chaîne VRAK.TV, dont il signe le concept et les textes. Depuis le printemps, on peut le voir à la barre du jeu-questionnaire Remise à neuf, sur les ondes de V. Et cet été, les téléspectateurs ont pu découvrir son parcours professionnel dans la série documentaire Les  5 prochains, à l’antenne d’ARTV. «J’ai le feeling que je monte échelon par échelon, déclare-t-il. Je ne suis pas comme Rachid Badouri, qui, à mon avis, est devenu une star du jour au lendemain. Si je ne remplis pas mes salles les premiers soirs, ça ne me dérange pas; je fais confiance au show. Je ne veux pas surfer sur une vague de célébrité. Ça ne m’intéresse pas.»

Malgré une présence soutenue à la télé, Pierre Hébert doit sa renommée à Renaud, son alter ego inspiré du personnage joué par Marc Béland dans le défunt téléroman Annie et ses hommes. Présenté au public en 2008 dans le cadre d’un gala Juste pour rire animé par Patrick Groulx et Mike Ward, le jeune homme à la langue bien pendue («C’est vendredi, on fait l’amour», s’amuse-t-il à lancer) provoque des éclats de rire partout où il passe en raison de sa propension à dire tout ce qui lui passe par la tête… sans filtre apparent. «Renaud, c’est un exutoire, affirme Pierre Hébert. Il dit des affaires qu’on n’oserait jamais dire. On a tous un Renaud qui sommeille en nous. Mais on le censure. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai voulu dire : « Toi, t’es laid. Toi, t’as une voix fatigante. Toi, mange d’la marde! Toi, tu m’éner­ves!» C’est l’fun de le dire dans la peau de quelqu’un d’autre!»

À la demande générale, le populaire personnage reviendra sous le feu des projecteurs au cours du prochain passage sur scène de Pierre Hébert. Il s’agira du numéro le plus politiquement  incorrect du spectacle dont le ton, précise le comique, sera rassembleur. «Pour faire de l’humour politique, il faut que tu sois au courant de ce que tu dis, il faut que tu suives l’actualité. Ce n’est pas moi, admet-il. Dans la vie, je suis un gars de bonne humeur. C’est le style d’humour que ça donne.»

Au rayon des sujets dont Pierre Hébert traitera dans ce premier one man show, citons les épreuves qu’on traverse au cours d’une vie et la facilité avec laquelle on les surmonte quand on est capable de rire de soi. «C’est important d’être tata au quotidien, note-t-il. Avec le temps, je me rends compte que les moments tough sont beaucoup plus faciles quand on ne se prend pas trop au sérieux, quand on niaise un peu.» L’humoriste discutera également des mères poules, de la première fois qu’il a consommé de la drogue, des soupers de filles et des cours qu’ils a suivis avec son père à l’université. Le tout dans une ambiance intimiste. «Il n’y aura pas d’effets spéciaux, pas de musique, pas de danseuses, annonce Pierre Hébert. Je ne suis pas un performer; je suis un raconteur. Il fallait que j’y aille le plus simplement posible.»

Pierre Hébert
Au Gesù
Les 12, 14 et 15 octobre

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