Dans Apparences, Geneviève Brouillette incarne une actrice connue du grand public qui voit sa vie basculer le jour où sa sÅ“ur jumelle disparaît dans le plus grand mystère.

Lancement couru à Radio-Canada mercredi. Et pour cause! On y présentait les deux premiers épisodes d’Apparences, la nouvelle offrande de Serge Boucher, l’auteur d’Aveux. Pas moins de 45 journalistes s’étaient déplacés pour l’occasion. Marc Pichette, le directeur des communications du réseau, parlait même de record…

Rencontré après la projection, Serge Boucher ne semblait pas gêné par toute cette attention. «S’il avait fallu que la salle soit vide, je n’aurais pas dormi cette nuit. Mais là, je suis comblé», a-t-il déclaré.

Le dramaturge a raison d’afficher une telle confiance, car à l’instar d’Aveux, Apparences promet de nous habiter pendant plusieurs semaines cet hiver (10 pour être plus précis). Une intrigue bien ficelée, des personnages riches, complexes et mystérieux interprétés par des acteurs inspirés, et une réalisation soignée – quasi poétique – signée Francis Leclerc (Un été sans point ni coup sûr, Mémoires affectives).

Encore une fois, Boucher s’intéresse aux secrets de famille, ces non-dits qui creusent des fossés entre frères et sœurs, parents et enfants. Apparences raconte l’histoire des jumelles Béru­bé. La première, Nathalie (charismatique Geneviève Brouillette), est une actrice connue, aimée du grand public, qui a quitté la petite ville où elle a grandi pour briller sous les projecteurs de la métropole. La seconde, Manon (touchante Myriam LeBlanc), enseigne à l’école primaire qu’elle fréquentait enfant. Réservée (pour ne pas dire coincée), elle vit dans l’ombre de sa frangine qu’elle adore. C’est du moins ce qu’on nous laisse croire. Car comme l’insinue le titre de la série, les apparences peuvent être trompeuses…

L’action débute avant même le générique, avec une séquence d’ouverture obscure mais accrocheuse. Perruque, valise, accident d’auto, curieuse présence… La table est mise.

On se retrouve ensuite dans le chic appartement de Nathalie, le matin de son 40e anniversaire. Pour souligner l’événement, elle ira luncher chez sa sœur. Mais une fois rendue sur les lieux, plus de traces de Manon. Où est-elle? Que lui est-il arrivé? Le mystère demeure entier.

Dans Apparences, on n’installe pas le mystère au moyen de regards en coin hyper clichés, de répliques à l’emporte-pièce et de musiques semblant tout droit sortir d’un thriller américain des années 1990; on privilégie la retenue, les silences lourds de sens et les mélodies délicieusement obsédantes de Luc Sicard. À mi-chemin entre le drame familial et le suspense psychologique, Apparences fait également mouche grâce à une distribution cinq étoiles menée par Geneviève Brouillette et Myriam LeBlanc. Outre la ressemblance physique, les deux comédiennes n’ont aucun mal à nous faire croire qu’elles sont liées par le sang. «Je n’ai vu personne d’autre en audition, a révélé Francis Leclerc. Elles ont crié en se voyant dans le cadre de porte. Quand je les ai entendues, j’ai su que j’avais eu un bon flash.»

Dans le rôle d’une mère troublée par la disparition de sa fille, Nicole Leblanc tire aussi son épingle du jeu, tout comme les acteurs qui incarnent ses fils, Alexis Martin (Gaétan, le mouton noir de la famille) et Daniel Parent (Benoit, un homme très strict). Signalons aussi la participation de Vincent-Guillaume Otis (le jeune amant de Nathalie), Benoît Gouin (un policier) et Alex Bisping (le voisin de palier de Manon, qu’on surnomme «la fouine»).

Comme c’était le cas pour Aveux, les clés du casse-tête d’Apparences résident dans les nombreux flashbacks qui ponctuent chacun des épisodes.

Et comme c’était le cas pour Aveux, nous serons scotchés à notre téléviseur jusqu’au dénouement final qui – espérons-le – sera aussi prenant que le reste du récit.

Apparences
À Radio-Canada

Dès le mardi 10 janvier à 20 h

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