The Associated Press David Cross (Tobias) et Portia de Rossi (Lindsay)

Sept ans après une fin abrupte, la série culte Arrested Development revient pour une quatrième saison, diffusée en streaming par le géant Netflix. Mais peut-on faire revivre un mythe? Malheureusement, hm, non.

(Attention! Cet article révèle plusieurs punchs.)

Tous ceux qui ont regardé Arrested Development se souviennent de la première fois. Du choc provoqué par cet humour d’une vivacité et d’une intelligence incroyables, de ces personnages complètement disjonctés, de ce premier épisode se terminant sur ces mots, inoubliables: «There’s always money in the banana stand!» «Il y a toujours de l’argent dans le stand à bananes!» Oui, on se rappelle tous où, quand et avec qui on a vu ce premier volet renversant des aventures de la famille Bluth.

On se souvient aussi qu’en 2006, après trois saisons excellentes, la série culte créée par Mitchell Hurwitz a été retirée des ondes de Fox. Depuis, les inconditionnels priaient pour un retour. Finalement, Netflix a annoncé qu’Arrested Development revivrait. Les fidèles étaient fous de joie. Suivant une campagne publicitaire monstre, les 15 épisodes ont finalement été mis en ligne hier. Depuis, nous avons eu le temps d’enchaîner six desdits épisodes. Et de vivre une déception cuisante.

Si vous avez vu les anciennes saisons, vous savez qu’elles étaient pleines de canulars : on n’avait pas fini de rire d’une blague que trois autres avaient été lancées entre-temps. Pow, pow, pow.

Ici, on attend désespérément les gags. Le premier vraiment très hilarant survient au deuxième épisode (!) lorsque Lucille trouve un moyen de «fumer à la maison sans fumée» grâce à l’aide de son garçon chéri, Buster. Reste que, outre les petits moments rigolos sporadiques, l’ensemble se révèle verbeux, long pour rien et vide. Des adjectifs qu’on ne croyait jamais au grand jamais utiliser un jour pour parler de cette télésérie.

«Mais pourquoi est-ce si décevant?» vous demandez-vous peut-être. Eh bien, les trois premières offrandes étaient drôles parce que les membres de la famille Bluth, tous plus débiles les uns que les autres, étaient presque tout le temps ensemble. L’interaction entre leurs histoires pas possibles était constante et les liens entre leurs magouilles foireuses, indissociables. Mais ici, ils évoluent séparément. De loin. Comme si les acteurs n’avaient pas trop voulu se mêler les uns aux autres.

Eh oui, l’erreur majeure de la saison 4 consiste à dédier chaque épisode à un personnage. Le troisième extrait, qui met en scène Lindsay (incarnée par une Portia de Rosi drôlement moins en forme qu’on l’a connue) est un flagrant exemple de ce faux pas logistique. La blonde actrice est hilarante lorsqu’elle est confrontée à son mari déstabilisé Tobias, un psychiatre wannabe acteur et membre remplaçant du Blue Man Group. Mais 28 minutes dédiées à elle seule? La suivre alors qu’elle se rend en Inde inspirée par la partie Pray du livre Eat, Pray, Love? Se taper son histoire d’amour cucul avec un personnage sorti de nulle part? On pleure presque de voir le gâchis. Où est passé le never nude??? Le «cok co cok co cok!» de Gob?

Pour passer au travers de cette douloureuse expérience, on s’accroche à des clins d’œil qui nous rappellent le génie d’autrefois, comme l’allusion au Bob Loblaw Lawblog et le t-shirt Shémale que porte fièrement Tobias. Reste que la bande aurait peut-être dû écouter la chanson adorée de Gob. Le Final Count­down d’Europe. Ne pas recommencer après le décompte final. Laisser le mythe mythique.

Avalanche d’invités spéciaux
Arrested Development a tellement marqué les esprits qu’on imagine que plusieurs stars rêvaient de faire partie du générique un jour. Et c’est peut-être ce qui explique la surabondance d’apparitions spéciales faites par des vedettes de tous les horizons dans cette quatrième saison. En effet, dès les premières minutes du premier épisode, des comédiens très connus se glissent dans la peau de George Sr. et de Lucille jeunes. On ne vous vole pas le punch, mais on vous donne deux indices : Bridesmaids et Knocked Up.

Dans l’épisode deux, un des Mad Men les plus connus s’amène avec une barbe de trois jours. Sinon, Ron Howard, qui joue encore au narrateur, se matérialise à l’écran dans le rôle de… Ron Howard. On a aussi droit à Isla Fisher, qui joue la flamme de Michael (ah! comme on s’ennuie de Charlize Theron!), à Conan O’Brien et à des acteurs de The Office (voir : les interprètes de Jim et du «Nard Dog»).

Mentionnons aussi qu’il y a tout plein de nouveaux personnages, dont la copine toxicomane de Tobias, Debry (lire : débris, ouf).

Arrested Development
Saison 4
Offerte sur Netflix

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!