Jacques Boissinot Pauline Marois, Pierre Bourgie. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Un groupe de travail suggère au gouvernement Marois de bonifier les avantages fiscaux pour encourager les Québécois à se montrer plus généreux envers la culture.

Dans son rapport déposé mardi, le groupe de travail sur la philanthropie culturelle, présidé par l’homme d’affaires Pierre Bourgie, propose au gouvernement d’injecter 15 millions $ par année pour stimuler le mécénat. L’objectif visé est de porter de 45 millions $ à 68 millions $ d’ici quatre ans la valeur annuelle des dons à la culture, une majoration de 50 pour cent.

Les Québécois _ surtout les particuliers _ accusent du retard en matière de philanthropie comparativement au reste du pays. D’après Statistique Canada, le don moyen était de 208 $ au Québec en 2010 contre 446 $ pour l’ensemble des Canadiens.

Pour accroître la générosité des donateurs québécois, le groupe de travail recommande d’instaurer un crédit d’impôt de 25 pour cent pour un premier don en culture de 5000 $ à 25 000 $. Par exemple, un premier don de 5000 $ à un organisme culturel ou en soutien aux artistes donnerait droit à un crédit d’impôt de 3838 $, en tenant compte des crédits d’impôt déjà existants.

Le rapport préconise, dans le cas des «grands donateurs» de 250 000 $ et plus, d’augmenter de 24 pour cent à 30 pour cent le crédit d’impôt.

De l’avis du groupe de travail, le programme «Mécénat Placements Culture» a fait ses preuves mais doit être bonifié et pérennisé. Pour ce faire, le rapport propose au gouvernement de porter l’enveloppe à 10 millions $ annuellement d’ici trois ans. Cette année, l’enveloppe contient 2,5 millions $.

Aussi, pour assurer la stabilité à long terme du programme, le rapport Bourgie recommande de mettre à contribution certaines sociétés d’État comme Loto-Québec, la Société des alcools et Hydro-Québec pour capitaliser un nouveau fonds, le «Fonds Avenir Mécénat Culture» à hauteur de 20 millions $ par année sur une période de dix ans.

L’ensemble des mesures avancées par le groupe de travail aurait un coût annuel de 15 millions $ au cours des quatre prochaines années. À terme, l’autofinancement du programme Mécénat Placements Culture permettrait, selon M. Bourgie, de réduire graduellement la facture des contribuables.

Enthousiasmée par les propositions du groupe de travail, la première ministre Pauline Marois a promis de donner suite au rapport et peut-être même de franchir quelques pas de plus à compter de 2014-2015, une fois l’équilibre budgétaire rétabli.

«Nous atteindrons notre objectif cette année, en 2013-2014. On peut donc imaginer que pour les années qui vont suivre, 2014 et suivantes, on puisse imaginer ces réinvestissements. Je crois que c’est raisonnable et si ça devait être davantage, je suis prête à ce que l’on le regarde», a-t-elle dit.

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