Cette semaine, on craque pour… L’assassinat du président, la Beatlemania dans le Vieux-Port, World Press Photo 2013, We’re the Millers, le premier EP de Dear Criminals, L’épicerie musicale et Royal Canoe.

Art-7e-ciel-GameoT1. L’assassinat du président
La pièce d’Olivier Morin et de Guillaume Tremblay, mise en son par Navet Confit et présentée au Zoofest l’an dernier, est, à notre plus grand bonheur, de retour sur les planches. Au Théâtre d’aujourd’hui jusqu’au 21 septembre, la pièce nous transporte dans un avenir fictif et déjanté, dans lequel, en 2022, Gilles Duceppe, alors retraité en Suisse depuis des années, revient au Québec et devient dirigeant du camp du Oui. Les personnages et les scènes de cette fable politico-futuriste sont tous délectables et vous hanteront longtemps. On suit Duceppe et son fidèle compagnon canin Cacahuète en campagne électorale dans son beau Québec, à travers ses cours de diction donnés par Serge Postigo et en essayant de défier les menaçantes souffleuses à neige. C’est une pièce complètement éclatée, drôle et satirique, interprétée avec énergie par les auteurs eux-mêmes, ainsi que par Catherine Le Gresley, Mathieu Quesnel et Navet Confit. (Andréanne Chevalier)

Art-7e-ciel-Banlieue-copie-decran-22. La Beatlemania dans le Vieux-Port
Il y a 50 ans, le groupe des Beatles venait à Montréal pour y offrir deux prestations qui sont passées à l’histoire. Ce dimanche à 14 h sur la place Royale, dans le Vieux-Montréal, un spectacle gratuit sera offert par le groupe montréalais Replay The Beatles (photo), pour souligner la date exacte à laquelle le légendaire groupe s’est produit au Forum de Mont­réal. On imagine que ce groupe qui ose replonger dans le répertoire des Beatles réussira à nous donner l’impression de passer un peu de temps en compagnie de John, George, Ringo et Paul… en attendant que ce dernier décide de revenir à Montréal plutôt que d’aller seulement à Québec! (Daphnée Hacker-B.)

Art-7e-ciel-King3. World Press Photo 2013
La très prestigieuse exposition de photos de presse fait un arrêt à Montréal. Dans cette 56e édition, les images crues sont au rendez-vous. On découvre à travers l’objectif des plus grands photojournalistes des réalités méconnues, telles que la prostitution le long des autoroutes italiennes, ou la vie des enfants indiens qui suivent des cours sous une voie de métro, tentant d’apprendre à lire entre deux quarts de travail. On rentre aussi au cœur de conflits sanglants, à Gaza, en Palestine, et à Alep, en Syrie. Toutes les images sont saisissantes à leur façon, comme le cliché du photographe Wei Seng Chen (photo), qui illustre une course de taureaux, une tradition vieille de 400 ans en Indonésie. L’exposition se tient du 4 au 29 septembre au Marché Bonsecours. À ne pas manquer. (Daphnée Hacker-B.)

Art-7e-ciel-Grain-de-ciel_C1004. We’re the Millers
Les familles déjantées-perturbées sont à la mode dans les films et les séries. C’est le cas dans We’re the Millers, qui tourne autour d’une famille recomposée… littéralement. Dave Clark, trafiquant de drogue décontracté pour gens ordinaires, est obligé d’accepter la mission de son fournisseur : importer de la marijuana du Mexique. Il décide alors de s’inventer une famille – composée de sa «femme»-voisine-strepteaseuse (Jennifer Aniston), de son «fils»-voisin-puceau et de sa «fille»-fugueuse – pour passer inaperçu aux douanes américaines. Si le scénario est de plus en plus improbable au fil des péripéties, les bons gags jalonnent le film – à noter la scène de cours de baisers 101 entre la «sœur», le «fils» et la «mère». On s’amuse autant que les acteurs, qui ont même réservé une petite surprise à Aniston et son passé dans le générique de fin… Une comédie trash idéale pour décompresser après la rentrée! (Baptiste Barbe)

Art-7eciel-How-To-Survive-a-Plague5. Le premier EP de Dear Criminals
Une forte basse, des accents rock presque solennels, des mélodies à la folk mystique et des voix qui s’abandonnent aux oreilles qui veulent bien s’en éprendre. Dear Criminals frappe fort avec ce premier EP. Le trio de «criminels», formé de Frannie Holder et Vincent Legault de Random Recipe ainsi que de Charles Lavoie des b.e.t.a.l.o.v.e.r.s, va d’une ambiance à l’autre, constamment en apesanteur entre légèreté et fatalité. La voix suave et pleine de grain de Frannie, alliée à celle soutenue, mais cassée de Charles Lavoie, est déconcertante et d’autant plus émouvante dans Took it From Me. Si leur musique n’a rien d’assassin, elle est pour le moins ensorcelante.  L’album est merveilleusement bien conçu. Aux morceaux plus lyriques comme Bad Black Days succèdent des notes pleines d’assurance qui reprennent le pas, comme sur la délicieuse Lover’s Suicide. À écouter et réécouter, puisque après tout, ça n’a rien de criminel! (Émilie Bergeron)

Young Ghosts Clothing6. L’épicerie musicale
De retour pour une seconde édition sur les Quais du Vieux-Port aujourd’hui et demain de 13 h à 19 h et dimanche de 13 h à 17 h 30 dans le cadre des Escales improbables, L’épicerie musicale est ce concept absolument charmant imaginé par Jérôme Minière (photo). L’idée : on réunit 24 artistes musicaux (Minière, Yann Perreau, Alaclair Ensemble, Forêt, Groenland et on en passe) et 3 agriculteurs, qui joignent leurs forces pour offrir des produits du terroir sous forme de fruits et légumes… et de pièces téléchargeables auquel on aura accès en se procurant, pour la somme de 0,99 $, un de ces «légumes musicaux». Une façon résolument sympathique de découvrir les artisans d’ici. Une nouveauté cette année : samedi et dimanche à 16 h, Tristan Malavoy s’entretiendra avec des représentants des cultures maraîchère et chansonnière pour faire l’analogie entre les problématiques vécues par les deux. Ça promet aussi! (Jessica Émond-Ferrat)

Art-7e-ciel-True-Blood_C1007. Royal Canoe
Comment? Comment est-ce qu’un groupe qui sort de nulle part, qui n’a même pas encore de page Wikipédia, peut-il lancer un premier album studio avec un son aussi travaillé, une instrumentalisation aussi sophistiquée et riche? C’est le mystère derrière le sextuor manitobain Royal Canoe, qui se produira le 28 septembre au Petit Campus dans le cadre de POP Montréal et dont l’album Today We’re Believers est présentement en magasin. L’opus, une sorte de rêve fiévreux alliant la pop et le indie aux infusions électros, est parsemé de clins d’œil aux années 1980, le tout pressé à travers un filtre math rock. Et ça marche. À merveille. Considérez-nous désormais believers! (Jeff Yates)

On se désole pour…

Art-7e-ciel-ENFER-Amanda-Bynes_CCL’abus du terme «super-héros»
Hier, une station de radio lançait sa programmation avec un spectacle des «super-héros de l’humour». Il y a quelques mois, les mots «super-héros» étaient utilisés pour décrire Louis Cyr. Aussi vu passer récemment, des ateliers de travaux manuels pour filles qui invitent à devenir «la super-héros de la réno». Et on en passe… Misère! Nous prenons la tribune cette semaine pour dénoncer l’abus de super-héroïsme ambiant. Dans les trois exemples énumérés plus haut, celui qui se rapproche le plus de la définition est Louis Cyr… Un héros, certes. Mais un super-héros? Pourquoi vouloir toujours plus de superlatifs? Et pourquoi expliquer par des super-pouvoirs toute action qui sort de l’ordinaire? Commençons par apprécier nos héros «ordinaires», humains et authentiques. Soyons heureux de nos réussites, et surtout, revoyons nos définitions! (Andréanne Chevalier)

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