MONTRÉAL – L’ADISQ et l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) viennent de publier un guide numérique dédié aux producteurs et maisons de disques afin de les aider à commercialiser efficacement la musique québécoise.

Ce guide est le résultat d’une étude effectuée par téléphone auprès de 5000 Québécois sur leurs habitudes de consommation de musique.

L’une des particularités des résultats, explique Solange Drouin, directrice générale de l’ADISQ, est qu’ils sont déclinés par style musical, par âge et par région, de manière à offrir à l’industrie une idée très précise «d’où logent les Québécois en matière de musique francophone québécoise».

Ces données pourraient donc permettre de mieux cibler les activités de commercialisation.

Car c’est là le vrai «nerf de la guerre», précise Mme Drouin: devant les difficultés de financement auxquelles se heurte l’industrie musicale, c’est par la mise en marché des albums qu’il faut agir.

Ce qui retient l’attention de la directrice dans le «Guide de mise en marché de la musique québécoise francophone», c’est l’importance de cibler un public bien défini, au lieu de faire des campagnes nationales qui, en plus d’être coûteuses, n’atteignent pas le public le plus intéressé.

«La radio communautaire par exemple, dans certains genres musicaux, peut être plus intéressante que la radio commerciale», explique Mme Drouin en entrevue téléphonique.

Selon elle, le guide est le résultat d’un désir de l’ADISQ, de l’ACR et du Fonds RadioStar, qui a soutenu le projet, de répondre collectivement aux enjeux de la commercialisation musicale.

Le rôle des radios

C’est devenu une tradition: chaque année au gala de l’ADISQ, un gagnant profite de sa tribune pour attirer l’attention sur la difficulté des artistes à atteindre les radios commerciales. Cette année, ce sont les Soeurs Boulay qui l’ont fait en recueillant leur Félix de Révélation de l’année.

Or, la présence de l’ACR derrière une initiative qui vise à donner aux producteurs des outils pour mieux réussir leur mise en marché étonne: la responsabilité du succès des artistes leur reviendrait-elle entièrement?

Mme Drouin admet prudemment que les stations de radio commerciales, tout comme l’ADISQ et les producteurs, ont également leur bout de chemin à faire afin de favoriser la réussite de la scène locale et d’une plus grande diversité d’artistes.

Mais le guide, ajoute-t-elle, vise à aider tout le monde.

«On partage certains objectifs communs avec l’ACR. C’est important de se doter d’outils comme ça, car c’est payant pour tout le monde en bout de course. Est-ce que ça interpelle les radios? Si ça peut leur donner le goût de faire une place plus grande (aux artistes d’ici), tant mieux. Nous, on a fait le pari de poser des questions et de recevoir les réponses pour l’intérêt supérieur de la nation.»

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