Denis Beaumont/Métro «Avec Émile [Proulx-Cloutier], on est un peu porte-paroles. On accepte d’utiliser nos noms, nos expériences et notre vécu pour dire qu’effectivement, cet organisme est un organisme important qui a sa raison d’être», affirme Patrick Senécal (à droite) au sujet du nouveau service juridique Juripop Artistes.

La Clinique juridique Juripop, qui offre des services visant à améliorer l’accessibilité à la justice, lançait mardi, dans l’antre du Bain Mathieu, sa nouvelle division : Juripop Artistes.

Avec ce nouveau service, la clinique juridique offrira notamment à ses membres-créateurs l’accès à des avocats à coût modique. «De l’aveu de plusieurs artistes, une trop grande naïveté règne par rapport aux droits qui entourent la création. Comme il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, certains sont tentés de signer un contrat à la première occasion», a affirmé Julien David-Pelletier. Le cofondateur de Juripop a également rappelé que «le salaire moyen d’un artiste est, en général, beaucoup plus bas que le salaire moyen au Canada, ce qui fait en sorte qu’un créateur n’a pas nécessairement les moyens, s’il se retrouve dans une situation juridique, d’aller voir un avocat selon les tarifs en vigueur.»

Saluant l’Union des artistes, la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec, La Guilde des musiciens et L’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son «qui s’embarquent dans cette aventure avec nous», David-Pelletier a mentionné que, tandis que «ces associations font un travail extraordinaire sur le plan des droits collectifs», Juripop Artistes visera la «protection du droit individuel».

Comme l’a expliqué Me Annie-Claude Trudeau, le service offert aux membres (certaines conditions s’appliquent, comme on dit) concernera notamment des cas ayant un lien avec le «droit de la propriété intellectuelle, tels que le droit d’auteur, mais aussi des questions de droit civil». Par exemple? «Par exemple, les questions de préparation, de négociation et de révision de contrat, que ce soit pour les domaines du spectacle, de la composition, de l’interprétation, du film ou de la littérature. Les avocats répondront également aux questions relatives à la vie privée, à la diffamation, au droit à l’image et à la protection de la réputation.»

Présent au lancement, Émile Proulx-Cloutier a vanté cette «super initiative» de la Clinique. En tant qu’acteur ayant récemment lancé son premier album solo, Aimer les monstres, il a raconté comment il avait vécu son passage, sur le plan légal, «d’interprète à créateur». «C’est un autre monde, a-t-il affirmé. Quand je me suis mis à faire de la musique, à donner des spectacles et à penser à faire un disque, j’ai rencontré des musiciens qui me disaient, avec du sang dans les yeux : «Ne signe rien. Ne signe RIEN! NE SIGNE RIEN!!! Ne mets ta signature nulle part, consulte un avocat!»

En tant qu’homme de «30 ans, avec une vie, un métier, une maison et un peu de sous», Proulx-Cloutier a souligné avoir effectivement pu faire lire son contrat par un avocat. «Mais avoir eu 22 ans, pas une cenne et hâte d’avoir mon premier contrat de disque en main, peut-être que j’aurais sauté cette étape-là…»

«Aujourd’hui, j’ai un agent et un éditeur fiable, mais au début de ma carrière, [Juripop Artistes], c’est le genre de regroupement qui aurait pu m’aider», a quant à lui fait remarquer Patrick Senécal, qui a également «accepté d’utiliser son nom et son vécu pour dire que cet organisme a sa raison d’être». «Parfois, de jeunes écrivains m’envoient des messages pour me demander : ‘‘Un éditeur m’a dit que ça me coûterait seulement 2 000 $ pour me faire publier chez lui. Qu’est-ce que t’en penses?’’ Et moi, je leur réponds : ‘‘Non! Tu n’as pas d’affaire à payer!’’» Dans ce genre de cas, conclut l’auteur, «des regroupements comme Juripop Artistes peuvent vraiment aider».

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