Daphné Caron Urban Miles, lutteur hipster

Avec ses lunettes carrées et ses 170lb, on pourrait croire qu’il ne ferait pas de mal à une mouche, mais Urban Miles était jusqu’à tout récemment le champion québécois de la NCW, une ligue de lutte indépendante.

Tu as plus l’air d’un intello que d’un combattant. Qu’est-ce qui t’a attiré dans la lutte?
Je suis prof de littérature au cégep, j’ai toujours aimé le théâtre et j’ai toujours été athlétique. Pour moi, la lutte, c’est le parfait mélange de tout ça.

Donc, on peut dire que c’est confirmé, aujourd’hui, que vous faites semblant?
Oui, partout dans le monde, les gens sont conscients que la lutte est un mélange de sport et de jeu. On ne fait pas seulement des prises, on raconte une histoire.

Comment raconte-t-on une histoire dans un ring?
Avant les matches, on prépare un scénario selon la même structure classique que dans tous les films américains. Il y a le gentil, le méchant qui prend le dessus jusqu’à ce que la foule soit tannée de voir le gentil manger une volée, et ensuite le gentil gagne ou le méchant l’emporte d’une façon malhonnête.

Toi, tu incarnes le gentil ou le méchant?
Presque toujours le méchant!

Qu’est-ce qui détermine le vainqueur?
C’est la réaction de la foule. La première qualité d’un bon lutteur est de ne pas laisser la foule indifférente. Soit les gens t’adorent, soit ils te détestent. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi un personnage de hipster! À l’extérieur de Montréal, personne n’aime les hipsters. Dès qu’on annonce que je viens du Plateau–Mont-Royal, les gens commencent à me huer. En région, et SURTOUT à Québec. C’est pour ça que je joue sur les traits des hipsters qui dérangent le plus et que je les grossis.

Comme?
Le fait que les hipsters soient toujours sur leur téléphone intelligent, qu’ils capotent sur les réseaux sociaux – d’ailleurs, j’invite les gens à me suivre sur Instagram et sur Twitter -, qu’ils ne soient pas athlétiques et qu’ils trouvent cool ce qui n’est pas connu. Ironiquement, ça fait de la lutte un sport très hipster! Il y a d’ailleurs de plus en plus de hipsters qui viennent voir la lutte. Et ils prennent un malin plaisir à me détester eux aussi.

Est-ce que ça permet à la lutte de connaître un regain de popularité?
La lutte a toujours suscité un certain intérêt. Les gens ne le savent pas, mais presque chaque fin de semaine, quelque part au Québec, il y a un gala de lutte.

Est-ce que tu pourrais gagner ta vie comme ça?
J’aurais pu espérer être signé si j’avais fait le sacrifice de prendre des stéroïdes. Le physique est important, même pour un lutteur hipster: je m’entraîne quatre fois par semaine.

As-tu une prise qui est devenue ta marque de commerce?
Oui, le Air Miles: je saute de la deuxième corde et je mets mes genoux dans la face de mon adversaire avant de retomber sur le dos.

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