Nasa.gov Les tempêtes solaires produisent des radiations.

Une retraite sur Mars? C’est de moins en moins une utopie puisque les technologies existent. Mais s’y rendre demeure coûteux. Et c’est loin d’être la priorité des gouvernements.

Les astronautes peuvent rester dans l’espace pendant six mois, alors pourquoi pas nous? Qu’est-ce qui nous empêche d’aller y faire un court séjour? Ou encore d’y vivre pour toujours? Peu de chose. «Un millionnaire américain, qui a fait sa fortune dans l’industrie hôtelière, teste déjà des stations spatiales gonflables qui pourraient servir d’hôtels, note Chris Welch, chargé de cours en spatiologie et en systèmes spatiaux à l’Université internationale de l’espace de Strasbourg, en France. Quand il y aura des hôtels dans l’espace, dans un avenir proche, nous pourrons y habiter.»

Le millionnaire en question, Robert Bigelow, dirige l’entreprise Bigelow Aerospace, dont les capsules spatiales pourront accueillir six invités.

Une autre entreprise, Galactic Suites, travaille aussi sur des projets d’hôtels de l’espace, alors que Virgin Galactic, pilotée par Richard Branson, entend lancer dans un avenir rapproché des vols spatiaux en orbite basse. De son côté, le co-fondateur de PayPal, Elon Musk, qui est maintenant à la tête de l’entreprise d’exploration spatiale SpaceX, dit qu’il aimerait bien avoir une retraite dorée sur Mars!

Partout sur la planète, dans des universités et des centres de recherche, des spécialistes créent des bâtiments, des meubles et même des divertissements pour les futurs visiteurs de l’espace. Les installations pourraient graviter en orbite basse, comme la Station spatiale internationale, mais elles pourraient aussi être construites sur la Lune. Même si la science et l’ingénierie sont prêtes pour la colonisation de l’espace, les choses bougent peu. «Ce n’est pas une question technique, mais bien politique», explique Larry Bell, professeur d’architecture spatiale à l’Université de Houston.

«Les politiciens tentent de relancer l’économie et s’occupent d’autres problèmes intérieurs et internationaux, poursuit le spécialiste. L’espace n’est pas une priorité. Coloniser l’espace est vu comme un projet trop dispendieux.» Le coût d’un lancement de navette se chiffre à quelque 10 000 $ le kilo.

Les agences spatiales et les entreprises privées, cependant, ne baissent pas les bras. La NASA développe même une nouvelle nourriture de l’espace pour bonifier l’expérience des futurs touristes. «Puisque la gravité est faible dans l’espace, il est impossible d’y faire cuire un œuf, indique Alvin Drew, un astronaute de l’agence spatiale américaine. Jusqu’à maintenant, la nourriture spatiale durait un ou deux ans. Or, aller sur Mars prend 18 mois, poursuit-il. Notre laboratoire crée donc de nouvelles façons de s’alimenter dans l’espace. On parle encore d’aliments précuits, mais en y ajoutant de l’eau, on obtient un excellent repas. Je viens de manger un steak de l’espace qui goûtait comme un vrai steak!»

Chris Welch est persuadé que les humains n’auront pas le choix de se tourner vers l’espace, que cela deviendra une nécessité. «Instaurer des colonies dans l’espace va améliorer nos chances de survie, dit-il. L’exploration spatiale est la police d’assurance des Terriens.»

Pas d’argent pour l’espace?
Le programme d’architecture de l’espace de l’Université de Houston, dirigé par Larry Bell, a développé plusieurs bâtiments et objets qui pourraient être utilisés dans l’espace. Mais le nombre de participants au programme est en baisse depuis quelques années. «Les jeunes ne croient pas au futur de l’exploration spatiale», note le professeur. Cinq décennies après l’annonce par John F. Kennedy de l’envoi du premier homme sur la Lune, la course à l’espace est bien terminée et les politiciens sont frileux quand vient le temps d’investir dans ce domaine. «La dépense n’est pas faramineuse comparativement à d’autres investissements. Mais l’espace semble être considéré comme un fardeau plutôt que comme un investissement.»

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Nuageux avec probabilité de radiations
Comme sur la Terre, la météo est changeante dans l’espace. En fait, la météo constituer l’un des principaux défis à la colonisation de l’espace.

«La météo de l’espace n’est pas une question de soleil ou de vent, explique John Farrow, professeur à l’Université internationale de l’espace. C’est une question de plasma et de radiations. Mais comme sur la Terre, les variations de température sont importantes. Dans les cas extrêmes, la météo peut même mettre fin à une mission spatiale.»

L’équivalent de la pluie, dans l’espace, ce sont les radiations qui tombent sur les astronautes, qui doivent donc se protéger avec des «parapluies» – des costumes antiradiations. Les astronautes sont même parfois forcés de rester dans la capsule. «Comme un parapluie ne protège pas complètement de la pluie, les “parapluies de l’espace” ne protègent pas complètement des radiations, avance M. Farrow. Et le problème, avec les radiations, c’est qu’on ne les voit pas.»

Les radiations peuvent causer des maladies comme le cancer. «Sur la Lune, vous n’avez aucune protection contre la météo de l’espace, explique le professeur Alex Ignatiev, de l’Université de Houston. Si nous voulons y vivre, il nous faudra une protection de sable lunaire de un à deux mètres au-dessus de la capsule. Le sable lunaire absorbe les radiations solaires. Sur Mars, ça serait un peu plus facile puisque la planète possède une atmosphère, poursuit-il. Mais il est clair que la météo de l’espace serait un défi énor­me.»

La Lune a quand même des avantages. On y trouve de l’eau et elle est «facilement» accessible de la Terre. Mais si l’homme veut la coloniser, il faudra créer des habits qui assureront une protection complète contre les radiations. Il faudra aussi concevoir des bâtiments qui résisteront à de brusques changements de température.

Sans surprise, les agences spatiales sont déjà au travail. Mais un défi de taille demeure : créer des combinaisons légères! C’est essentiel quand on pense que chaque kilo de matériel coûte 10 000 $ à envoyer dans l’espace.

Les équipes de recherche se concentrent aussi sur quelque chose qui sera fort utile aux Terriens : les prédictions météorologiques de l’espace. «Il est possible de savoir ce qui s’en vient et d’alerter les entreprises qui opèrent des satellites, explique M. Farrow. Si rien n’est fait, des satellites peuvent être détruits.»

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