Daphné Caron/Urbania Jacques Paquette

Coin Jarry et Lajeunesse, dans un petit bar de quartier, c’est Broue à l’année longue. Jacques y sert des bocks de Labatt 50 aux hommes depuis 1969, et aux femmes depuis 1988.

Comment êtes-vous devenu barman de la Taverne Jarry?
Je suis client ici depuis que j’ai 17 ans! Quand ils ont été tannés de m’avoir comme client, ils m’ont engagé. J’avais 26 ans.

Buvez-vous au travail?
Moi, je ne bois jamais avant les 15-20 dernières minutes de mon shift; comme ça, je vois venir mes clients. C’est ça qui a sauvé ma job. La première, c’est la pire, parce qu’après ça, t’es pu capable de t’arrêter.

Travaillez-vous toujours de jour?
Oui, grâce à mes patrons en or. Le soir, c’est plus dur, je ne sais pas si j’aurais les nerfs pour ça. La clientèle de jour, c’est ma famille.

Les gens qui commencent à boire à 8 h du matin, ce ne sont pas tous des alcooliques?
Pas nécessairement. Ils viennent ici, ils prennent un verre ou deux et ils repartent. Il y a beaucoup de veufs, de gens qui s’ennuient. Beaucoup de mes clients sont des personnes âgées. Je dis souvent que je suis un des seuls waiters au Québec à offrir un «trois services» : je sers mes clients, des fois je leur rends service et je vais à leur service… funéraire.


Ça prend beaucoup d’humour pour être barman?
Oui. Faut être bon avec le monde. Moi, je suis toujours en folie avec les gens. J’ai toujours une farce à leur faire. En 43 ans, j’ai eu seulement deux tiraillages. Les gars qui veulent se battre, qu’ils aillent dans la ruelle.

Et que faites-vous avec ceux qui ont trop bu?
Je ramasse leurs clefs et je leur dis de revenir les chercher le lendemain. Des fois, j’en vois qui partent à moitié morts et je sais qu’ils vont tomber trois ou quatre fois en s’en allant chez eux. Ceux-là, y a rien à faire. Ils se suicident tranquillement. Si je les connais assez, je vais leur faire une farce, comme : «Coudonc, as-tu changé d’embaumeur?»

Êtes-vous nostalgique de la belle époque des tavernes?
Ah non. Ç’a beaucoup changé faut dire. Astheure, avec les grandes fenêtres, on voit dehors, il y a des spectacles, et les femmes ont le droit de venir. C’est certain que c’est plus tranquille. Si on n’avait pas les machines, on ferait sûrement faillite.

Urbania

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