Les films séville Isabella Rossellini dans une scène de Keyhole

L’odyssée d’Homère et le bon vieux film de maison hantée font bon ménage dans Keyhole, de Guy Maddin. Tout simplement malsain. De tous les cinéastes canadiens, Guy Maddin est probablement le plus singulier. Son style est instantanément reconnaissable, notamment en raison de sa façon d’utiliser des images en noir et blanc qui rappellent le surréalisme et à l’expressionnisme allemand. Après son jouissif faux documentaire My Winnipeg, qui portait sur sa ville natale, il est de retour avec Keyhole, un film noir peuplé de fantômes et de souvenirs où un père de famille (Jason Patric) revient chez lui pour mieux partir à la recherche de sa femme (Isabella Rossellini) dans son immense demeure. Rencontre avec un esprit bien particulier.

Keyhole ressemble à un véritable cauchemar. Est-ce que vous allez bien?
(Rires) Oui, merci de vous inquiéter. C’est drôle, je ne fais pas des films pour aller mieux, mais au bout du compte, ça se transforme en un genre de thérapie. Peu importe ce qu’il y avait avant, maintenant je suis complètement guéri!

Le long métrage mélange les rêves et la réalité. Il y avait un désir de perdre le spectateur?
Non, pas consciemment. Je crois que ce n’est pas si important que ça si tu ne sais pas exactement où tu es. Je veux que les gens aient l’impression de se réveiller d’un rêve. Je savais que le film allait être très abstrait et que l’atmosphère allait jouer un grand rôle. Je peux seulement suggérer aux spectateurs de le regarder de la même manière qu’ils écoutent de la musique. Pas en essayant de tout comprendre, mais avec émotions.

Il s’agit peut-être de votre essai le plus sexy, provocateur et dépravé…
Il s’agit presque de la biographie d’une maison où les souvenirs euphoriques, tragiques, sexuels et amoureux forment un tout. C’était donc normal d’en rendre compte. Une version précédente du scénario était beaucoup plus pornographique.

Sentez-vous qu’avec plus de moyens financiers, vos visions se matérialiseront mieux à l’écran ou, au contraire, que cela pourrait brimer votre créativité?
J’ai toujours trouvé que je travaillais avec suffisamment d’argent. Le fait de ne pas avoir beaucoup de moyens te force à trouver des solutions à tes problèmes. Au lieu de tout arranger avec des effets spéciaux, tu utilises le pouvoir de la suggestion, tu plonges davantage dans les métaphores. Tu te sens plus libre en ayant moins d’argent.

Pensez-vous qu’avec le triomphe international de The Artist les gens auront davantage le goût de voir des films en noir et blanc – et parfois même muets – comme ceux qui composent votre filmographie?
Comme trop de choses qui gagnent des prix aux Oscars, ce qui est très populaire aujourd’hui est complètement oublié demain. Je ne dis pas ça pour The Artist, qui est un film ravissant. Mais je ne pense pas que ça pousse plus de gens à voir des films de F.W. Murnau. Peut-être au début, mais ils vont rapidement retomber dans leurs vieilles habitudes.

Keyhole
En salle dès vendredi

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