Ryan Remiorz Michel Louvain, Roger Sylvain. Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – C’est un homme généreux, proche de son public, noble et, surtout, drôle qu’ont décrit vendredi les proches de Gilles Latulippe en lui rendant un dernier hommage à l’hôtel de ville de Montréal.

De Janine Sutto à Jean Lapointe, en passant par les Michèle Richard, Yves Jacques, Dominic et Martin ainsi que Michel Louvain, plusieurs membres de la colonie artistique ont tenu à témoigner de l’amour et de l’admiration qu’ils portaient à celui que plusieurs reconnaissaient comme «le dernier grand du burlesque au Québec».

Le corps de l’acteur et humoriste, décédé d’un cancer du poumon le 23 septembre, à l’âge de 77 ans, a été exposé en chapelle ardente dans le hall de l’hôtel de ville. En fin d’après-midi a eu lieu une cérémonie privée en son honneur, réservée à la famille et aux artistes et animée par Stéphan Bureau. Celui-ci a vanté le «talent rare» de Gilles Latulippe et son «don de faire briller celui des autres». Le maire de Montréal, Denis Coderre, l’a ensuite nommé à titre posthume citoyen d’honneur de la métropole.

«Mon p’tit Gilles!», a lancé sa complice Janine Sutto d’entrée de jeu, livrant un témoignage touchant au gentilhomme du vaudeville. «Gilles, c’était un être unique, fort et qui voulait que tout le monde soit content, soit heureux.»

Déjà avant la cérémonie, la tristesse se mêlait aux souvenirs heureux alors que membres du public, de la famille du défunt et du monde du spectacle livraient leurs témoignages.

Avec un sanglot dans la voix, Michèle Richard a raconté les beaux souvenirs que représentent pour elle la pièce «Madame mon père», qui lui avait permis de partager la scène avec Gilles Latulippe au Théâtre des variétés. «Il était mon confident», a-t-elle ajouté.

La carrière de Gilles Latulippe a été marquée par de nombreux succès au théâtre, au cinéma, mais aussi à la télévision, où les personnages de Symphorien, de Théo Théoret («Les Brillant») et de Hector Potvin («Poivre et sel»), entre autres, ont marqué l’imaginaire. En parallèle, il a dirigé pendant 33 ans «son» Théâtre des variétés.

Il y a quelques mois à peine, le Festival Juste pour rire lui avait rendu hommage pour ses 55 ans de carrière, en sa présence. Il était aussi en vedette encore récemment à son théâtre d’été, à Drummondville, dans une pièce bien de son cru, «Salut Cocu», mais il avait dû écourter la saison à cause d’une pneumonie.

«Gilles a fait connaître le burlesque d’une façon un peu plus noble et un peu plus grande, au moment où le burlesque en avait vraiment besoin. Il a démocratisé cet humour-là, il l’a rendu accessible et il l’a ennobli, selon moi», a déclaré la présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent, qui regrette de n’avoir pu connaître l’acteur davantage.

«(C’était) un être très simple, voué à son métier, agréable, jamais un mot contre personne», a pour sa part témoigné l’acteur Yves Jacques. «Il m’a rendu plus simple. Parce qu’il était très simple lui-même.»

«C’est un sapré bonhomme, ou si vous préférez, c’est un homme saprément bon», a décrit Jean Lapointe, invité à rendre hommage à Gilles Latulippe au cours de la cérémonie.

Un homme saprément bon, qui aurait «été content de voir une salle pleine» pour lui rendre hommage, selon son fils Olivier, qui a parlé de lui comme d’un «père exemplaire», avant que ne soit projetée sur écran l’interprétation de la chanson «Smile», de Charlie Chaplin, par Véronic DiCaire. La prestation avait été enregistrée au gala hommage à Gilles Latulippe présenté par Juste pour rire en juillet.

«Il n’aurait pas voulu que ça se termine de façon différente qu’avec un sourire aux lèvres», a conclu Stéphan Bureau.

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