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Belles-sœurs, The Musical: Germaine! La Lune!

Par un beau matin, Germaine Lauzon trouve un million de «stamps» sur son «Welcome mat» et s’écrie: «I won! I won!» Musique.

Parlant de carpette Welcome, c’est en mars 2010, déjà, que l’idée de créer Belles-sœurs: The Musical a été mise sur le tapis. Comme le racontait mercredi René Richard Cyr, le producteur Allan Sandler avait assisté, en mars 2010 donc, à la première au Théâtre d’Aujourd’hui de la comédie musicale à succès, tirée de la pièce culte de Michel Tremblay. «Dans les jours qui ont suivi, M. Sandler nous a dit qu’une version anglophone [de notre production] serait très bienvenue et qu’il voulait s’y mettre», s’est souvenu René Richard Cyr, avant d’ajouter sans détour: «Je serais menteur si je vous disais que ç’a été un processus facile. Ç’a été un processus long. J’oserais même dire quelquefois laborieux. Mais finalement, on se retrouve tous aujourd’hui dans la même salle. C’est formidable!»

C’est dans l’antre du Centre Segal que le metteur en scène québécois – alias «La Machine», comme l’ont présenté ses confrères anglophones – a dévoilé mercredi aux médias deux chansons qui feront partie du Musical, à l’affiche dès dimanche. «I’m not very bilingual, vous allez voir», a-t-il blagué avant de lancer le cri de ralliement: «OK girls, ready?» «Ouiiiiii!» ont crié les «girls» depuis les coulisses.

On a d’abord eu droit à l’ouverture. Dans cette toute première chanson, Germaine Lauzon, apprenant qu’elle a gagné une montagne de timbres-prime, convie ses copines à un party de collage.

Sur la scène du Centre Segal, on a retrouvé la scénographie originale de Jean Bard, cet univers d’armoires d’un blanc terni, avec la planche à repasser à carreaux appuyée juste là, contre le mur, tout près du frigo. Et puis l’éclairage rouge (au fond) et bleu (devant) de Martin Labrecque. Une dualité de couleurs qui, dans ce contexte, semblait prendre une signification politique nouvelle… Notons toutefois que la musique signée Daniel Bélanger et les paroles de René Richard Cyr ont été adaptées par Neil Bartram, tandis que le livret l’a été par Brian Hill. «On s’est rendu compte rapidement qu’une simple traduction ne suffisait pas; qu’il fallait faire une adaptation du spectacle de façon à retrouver une sensibilité francophone, qui n’est pas nécessairement la même que la sensibilité anglophone», a précisé Cyr.

«Une simple traduction ne suffisait pas; il fallait faire une adaptation.» – René Richard Cyr

Reste que les garde-robes vintage composées de tenues fleuries et de collants beiges de la costumière Mérédith Caron, elles, sont toujours présentes. C’est donc vêtue de son peignoir jaune et vert, dans lequel était drapée Marie-Thérèse Fortin dans la version originale, qu’Astrid Van Wieren est apparue, habitant corps, âme et voix cette Germaine ravie de son grand prix. «I won! I won

Après la présentation, l’actrice torontoise aussi s’est dite ravie. De ce rôle, de l’expérience. «Michel Tremblay, c’est un héros! Autant pour les anglophones que pour les francophones! Ses pièces sont si belles et comportent tant de personnages féminins!» Et en plus, ajoute-t-on, Germaine Lauzon, c’est un rôle de femme historique. «Absolument! acquiesce Astrid. Mais vous savez, quand on est actrice, il faut presque oublier ce genre d’information. Il faut approcher chaque rôle comme si on était la première comédienne à l’endosser. De tous les temps. C’est comme si tu allais sur la Lune. Le voyage ne serait pas moins excitant parce que tu ne serais pas la première personne à y aller! J’veux dire: tu serais quand même sur la Lune, non? Eh bien, ici, c’est la même chose: Germaine, pour moi, c’est la Lune.»


Belles-sœurs: The Musical
Au Centre Segal
Du 19 octobre au 9 novembre