Collaboration spéciale Une image tirée du film d’ouverture, 30 degrés couleur, projeté ce vendredi à 19 h au Cinéma Impérial.

Le festival Vues d’Afrique célèbre la femme dans une programmation qui réunit des films d’ici, du continent africain et des pays créoles.

Les thématiques qui se dégagent d’un festival de cinéma sont rarement volontaires et suivent plutôt la tendance de ce qui se fait dans le monde cinématographique, rappelle Camille Saiseau, adjoint à la programmation du festival Vues d’Afrique. Ainsi, si cette année, on parle beaucoup des femmes dans les films que le festival présente, c’est entre autres – bonne nouvelle – parce que plusieurs réalisatrices font leur chemin dans les pays africains et créoles. «Il y a beaucoup d’héroïnes, de femmes fortes mises en lumière, que ce soit dans les fictions, les documentaires», affirme M. Saiseau.

Mais si les films dictent l’esprit du festival et non l’inverse, l’adjoint à la programmation reconnaît que c’est dans une volonté de «montrer un côté non misérabiliste» de l’Afrique que l’équipe a choisi d’ouvrir Vues d’Afrique avec le film 30 degrés couleur, de Lucien Jean-Baptiste et Philippe Larue; un film léger pour débuter, un peu comme l’an dernier. «On ne prend pas les films selon leur thématique, mais selon leur qualité, rappelle Camille Saiseau. Mais le fait d’ouvrir avec une comédie, c’est quelque chose à quoi on a pensé, en se disant que c’était la meilleure façon d’avoir une vraie bonne atmosphère pour le reste du festival, d’ouvrir de façon enthousiasmante et vivante pour que les gens soient de bonne humeur en venant à Vues d’Afrique. On veut que ça soit une fête de l’Afrique et des pays créoles.»

Également dans le but d’inciter les gens à se rendre à Vues d’Afrique, les organisateurs ont demandé à diverses personnalités du monde audiovisuel d’ici – dont le parrain Eric M’Boua et la marraine Tetchena Bellange – de sélectionner leur coup de cœur parmi les films projetés. Une courte explication de ce choix est incluse dans le programme. «Quand quelqu’un dont on respecte l’opinion nous suggère un film, ça donne encore plus envie d’aller le voir», croit M. Saiseau.

La section Regards d’ici, qui inclut des films de toutes sortes réalisés par des cinéastes du Canada, comprend elle aussi son lot d’œuvres intéressantes, affirme l’adjoint à la programmation : «Il y a une vraie volonté d’interaction entre l’Afrique et le Canada dans le film canadien. Il ne s’agit pas que de filmer un thème, mais de filmer un échange.»

Camille Saiseau fait par ailleurs remarquer que si, souvent, dans les gros films hollywoodiens traitant de sujets africains, les protagonistes sont des Occidentaux, les films de Regards d’ici évitent cet écueil. «On a par exemple Taza, de Daniel Gervais, un film québécois dont tout le casting est marocain et qui a été tourné en arabe, cite-t-il. Dans une autre optique, on a aussi Le chant de la brousse, de Bruno Boulianne, qui s’intéresse aux débroussailleurs qui viennent d’Afrique et qui vont travailler dans le Nord-du-Québec.»
Dans cette perspective d’«échange» entre le Canada et les pays africains, il y aura des tables rondes et des rencontres avec des cinéastes venus d’ailleurs – par exemple, demain, c’est le printemps arabe qui sera au cœur de la discussion.

Camille Saiseau croit d’ailleurs que l’image demeure le meilleur moyen pour faire passer un message. «Le cinéma, c’est très intéressant parce que ça donne la vision de la personne derrière la caméra, dit-il. Ça permet d’aller en profondeur sur beaucoup de sujets. Le fait d’avoir le point de vue d’un réalisateur permet d’être plus en phase avec le thème, et de se faire une idée par soi-même. C’est souvent moins pré-mâché que dans les bulletins télévisés, par exemple. C’est là que le cinéma a une plus grande puissance.»

Coups de cœur
Nous avons demandé à Camille Saiseau de nous faire part de quelques incontournables de la programmation que propose Vues d’Afrique cette année.

  • L’ouverture et la clôture: «30 degrés couleur et Sur la planche sont deux films au style très différent, mais très solides.»
  • Les courts métrages: «Ils sont tous de très grande qualité. On a notamment 18 jours, 10 courts métrages sur la révolution réalisé par 10 cinéastes égyptiens, qui est particulièrement intéressant.»
  • Laïcité Inch’Allah: «Un documentaire très pertinent qui offre un point de vue intéressant. C’est une Tunisienne, Nadia El Fani, qui évoque le manque de laïcité dans son pays et confronte les Tunisiens à ce sujet.»

Vues d’Afrique
Jusqu’au 6 mai

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