Funfilms Le plus gros défi de ce tournage? Filmer à l’extérieur. «Quand il y a une scène d’orage, ce sont de véritables éclairs qu’on voit, dit Guy Sprung. On n’avait pas le choix, il fallait composer avec la nature!»

Homme de théâtre et de documentaire, Guy Sprung offre son premier long métrage de fiction, The Hat Goes Wild, un thriller québécois à la Blair Witch Project. À la tête de la compagnie théâtrale Infinithéâtre, Guy Sprung croit que les mondes du théâtre et du cinéma auraient avantage à être plus liés entre eux. «Cette tradition existe un peu au Québec, si on pense à des films comme Monsieur Lazhar, et dans d’autres pays – les pièces Le Dieu du carnage et The Ides of March ont toutes deux donné lieu à des films –, mais peu au Canada anglais, fait-il remarquer. Et le monde du théâtre peut apporter beaucoup aux films : le travail avec les comédiens et aussi le fait qu’il y a plus d’idées et plus de vision, qu’on se base davantage sur les mots que sur les effets visuels.»

Et c’est un peu du principe de dire beaucoup avec peu de moyens que Guy Sprung est parti pour créer son premier long métrage de fiction, The Hat Goes Wild. On y suit une bande de cégépiens montréalais anglophones partis en voyage de canot-camping à la fin de leur session grâce à l’une des filles du groupe, qui filme tout le voyage dans le but d’en faire un travail pour son cours d’art. Mais le voyage tourne au cauchemar quand les cinq jeunes trouvent quelques kilos de cocaïne dans leurs bagages…

Mais sous ses airs de thriller d’horreur, The Hat Goes Wild se veut avant tout une exploration de la jeunesse. «L’idée de ce film m’est venue quand ma fille a eu 18 ans et qu’elle est partie, elle aussi, dans le bois avec des amis, raconte le réalisateur. Je les accompagnais en voiture, et j’ai été bouleversé de constater à quel point il n’y avait aucun jugement entre eux. Il y avait même le dealer de drogue de l’école. C’était fantastique, c’était totalement différent de la moralité de ma génération. J’ai décidé de faire un portrait de cette génération-là.»

Les jeunes comédiens, hormis Vanessa Matsui, en étaient à leur première expérience de tournage professionnel, quelque chose que le cinéaste jugeait important, non seulement par souci de réalisme, puisque le film est tourné en mode cinéma vérité, mais aussi parce qu’il souhaitait mettre de l’avant les jeunes talents d’ici. Cette volonté est aussi présente du côté de la trame sonore, composée de pièces de groupes de la relève montréalaise – The Golden Dogs, Darling Ghost, The Balconies, Cherry Chapstick. De la relève anglophone, est-il important de préciser, car à l’instar de Jacob Tierney dans ses films, Sprung, lui-même Montréalais anglophone – et indépendantiste, précise-t-il –, a voulu montrer ce visage du Québec peu souvent montré au cinéma. «Je voulais simplement renverser le regard pour montrer comment on voit cette dualité de la culture québécoise de notre côté, qu’on ait le point de vue de tout le monde, dit-il. J’aimerais beaucoup que le film puisse ouvrir un dialogue de ce côté-là.»

The Hat Goes Wild
En salle dès vendredi

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