Warner Johnny Depp joue de nouveau pour Tim Burton dans le film Dark Shadows, où il interprète un vampire.

Dans son plus récent long métrage, Tim Burton revient à son enfance en adaptant Dark Shadows (Ombres et ténèbres), feuilleton télévisé des années 1960 consacré aux Collins, une famille maudite ayant à sa tête un vampire âgé de 200 ans (interprété ici par Johnny Depp). Le film de Burton est plus humoristique que la série, même si, de l’aveu du réalisateur, cela n’était pas son intention au départ.

Vous avez situé l’action de Dark Shadows en 1972. Que faisiez-vous à cette époque?
Rien de bien glorieux. Je me trouvais alors à cet âge ingrat où on passe de l’enfance à l’adolescence. C’est une période horrible pour à peu près tout le monde. Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles la série m’a à ce point intéressé – tout y était si incongru, si bizarre. En fin de compte, mon film porte moins sur cette série que sur l’étrangeté qu’il y avait dans le fait d’être enfant et de grandir à cette époque : la musique était bizarre, les vêtements étaient bizarres, tout était bizarre. Je me souviens qu’à l’époque, je trouvais ces choses étranges; et quand j’ai revisité cette période de ma vie pour le film, j’ai retrouvé ce sentiment d’étrangeté.

Votre film est plus humoristique que la série. Quand avez-vous décidé de lui donner ce tour plus comique?
En fait, jamais. C’est ce qui est effrayant. (Rires) J’aime les choses qu’on ne peut ranger dans une catégorie; c’est d’ailleurs pour ça que j’apprécie le mélange des genres. Ça me vient naturellement. D’un point de vue marketing ou suivant le point de vue d’un studio, bref pour des gens qui aiment que les choses soient classées – «Je veux aller voir une comédie, je veux aller voir un drame» –, ça peut constituer un problème. Mais moi, j’aime ça. Je n’ai jamais dit à Johnny : «Joue cette scène de telle manière pour qu’elle soit plus drôle.» Les choses se sont placées d’elles-mêmes. Il me fait rire, je ne sais pas… Dans certains mariages ou à certaines funérailles auxquels j’ai assisté, je me suis déjà mis à rire à un moment où il ne fallait pas.

Le thème de la famille dysfonctionnelle revient souvent dans votre travail. Dans la vie, comment essayez-vous d’éviter ce genre de problème?
Je ne sais pas si on peut l’éviter, et là est le problème. Ça m’a frappé très jeune. Je ne m’entendais pas très bien avec mes parents, alors je gravitais autour de quelques familles, et je me suis rendu compte, en voyant les dynamiques, que toutes sont finalement semblables. Aucune n’est indemne. Vous pouvez avoir vécu dans l’une des meilleures familles du monde et avoir pourtant l’un de vos enfants qui se met à vous détester à un moment ou à un autre de sa vie. Donc, je n’aime pas trop ça, mais je pense en savoir suffisamment pour être capable d’accepter que les choses soient ce qu’elles sont. Ce n’est pas amusant, mais je peux y faire face.

Que pensez-vous des Oscars? Êtes-vous sous- estimé par l’Académie?
Pour être franc, je n’y prête pas vraiment attention. Cela ne fait pas partie de mon univers. Je me souviens avoir été au cinéma Grauman’s Chinese pour voir quelque chose sur l’histoire des Oscars, et tout le long, je me suis dit : «Non, jamais vu ce film-là. Ni celui-là. Ni celui-là.» Et je n’ai pas entendu parler de Scream Blacula Scream, ni The Omega Man, ni de bien d’autres. Qu’est-ce que je considère comme étant un bon film? Qu’est-ce que les autres considèrent comme étant un bon film? Chacun ses goûts.

Dark Shadows
En salle dès le 11 mai

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