Julien Faugère\collaboration spéciale Dans le premier épisode de la nouvelle saison d’Accès illimité, on pourra assister à la rencontre entre Jean-Philippe Dion et le chanteur Mika. «Je l’ai confronté. J’étais, à la limite, un peu baveux avec lui! s’amuse l’animateur et producteur. Au départ je le vouvoyais, mais à la fin du reportage, on se donnait quasiment des bines sur l’épaule!»

Quand il a commencé à animer Accès illimité et à faire des entrevues approfondies avec des personnalités choisies, Jean-Philippe Dion pensait que son bonheur durerait 10 épisodes. Le voilà de retour en compagnie de sa comparse, Anouk Meunier, pour une quatrième saison de cette émission culturelle où il prend le temps, vraiment, de suivre les artistes sur scène, chez eux, dans les coulisses, partout.

Quand on parle d’entrevues, on se demande souvent s’il y a des questions qu’on ne peut pas poser. Vous, Jean-Philippe, vous semblez plutôt dire qu’on peut poser TOUTES les questions; c’est dans la façon de les poser que se trouve la nuance.
Oui! J’adore ça, poser des questions, faire la recherche, me préparer, tout ça. Et on dirait que cette saison, je prends encore plus mon pied. Je m’emballe pendant les entrevues! C’est sûr que, des fois, on écrit nos questions sur notre feuille, on se pense ben bon, mais une fois qu’on est devant l’artiste, c’est autre chose. On gèle! (Rires) Il faut acquérir une façon de faire. Mettre l’artiste en confiance. Poser les bonnes questions, au bon moment.

Dans la dernière saison, vous vous êtes rendu en Louisiane, rencontrer Antoine Bertrand et Michel Côté sur le plateau des Maîtres du suspense. Vous leur avez demandé s’ils avaient déjà regretté de ne pas avoir amené leurs personnages là où ils le voulaient. De la même façon, avez-vous déjà regretté ne pas avoir mené une entrevue comme vous le souhaitiez?
Pour vrai, chaque jour, j’en ai, des regrets! Mon défaut, c’est que je me prépare trop. Hier par exemple, [jai rencontré] André Sauvé et Yvon Deschamps. Quand le tournage s’est terminé, je me suis dit: j’aurais dû lui poser cette question-là, j’aurais dû lui demander ça, j’aurais dû lui poser…

Un de vos signes distinctifs, c’est que vous souriez tout le temps. Est-ce qu’il y a des choses qui vous fâchent?
Euh, oui! (Rires) En fait, je suis un éternel insatisfait. C’est parfois difficile pour les gens avec qui je travaille parce que je suis très, très, très perfectionniste! (Rires) J’aime les gens qui sont travaillants, débrouillards, allumés. Parfois, après le tournage, je suis insatisfait parce que j’ai l’impression que je n’ai pas réussi à poser les questions que je voulais, parce que j’ai l’impression qu’on n’est pas allés assez loin, qu’on est restés superficiels…

Ce que vous faites pour vous rassurer?
Là, mon équipe commence à le savoir et me laisse parler! (rires) Mais de plus en plus, je commence à comprendre ce qui me satisfait, ce qui ne me satisfait pas. Et avec les années, je m’améliore aussi. Je n’ai pas 25 ans d’animation derrière la cravate, j’ai commencé en 2009. Ça fait à peu près six ans que j’anime, ce n’est pas énorme. Mais je commence à trouver mon créneau.

On imagine que vous faites ce métier parce que vous adorez les artistes. Qu’est-ce qui vous allume chez eux?
En fait, je les aime beaucoup, mais je suis zéro groupie. Ce n’est vraiment pas quelque chose qui m’habite. Je pense que c’est pour ça que je ne suis pas gêné de leur poser des questions. Un artiste, c’est, pour moi, une personne comme une autre. La seule fois que j’ai été groupie, c’est avec Carla Bruni. J’avais un sourire plus grand que ma face dans le visage! (Rires)

Cela dit, à la base, le concept d’Accès illimité, c’était de montrer les artistes avant les soirs de première, avant les tapis rouges… C’est ça qui me plaît: montrer leur travail. Que ce soit un Roch Voisine, une Véronic DiCaire ou un André Sauvé, tout le monde travaille fort [dans ce milieu]. Je n’ai jamais côtoyé un artiste fainéant. Je pense que les gens ne réalisent pas à quel point c’est du travail, être chanteur, être comédien, être auteur. Et c’est une fierté pour moi de le montrer.

Cette idée reçue comme quoi être artiste, c’est assez relaxe, trouvez-vous que certains l’appliquent aussi au métier de journaliste culturel?
C’est sûr! Souvent, les gens pensent qu’Anouk [Meunier, ma coanimatrice] et moi on fait un show jet-set, qu’on se promène en jet privé entre Montréal et Paris. Alors que, pendant nos tournages, Anouk et moi, on n’a pas de maquilleur, pas de coiffeur, on fait tout nous-mêmes! Je mets mon cache-cerne dans une toilette de station-service sur la 20 assis sur le bol de toilette. (Rires) C’est ça, notre réalité!

Dans votre émission, vous réalisez de très longues entrevues, sur plusieurs jours, et à l’écran, les segments avec un seul artiste durent plusieurs dizaines de minutes. Pourtant, les émissions de ce type se font rares, pour ne pas dire inexistantes. La place de la culture dans les médias, est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que vous gardez espoir?
Oh non, ça m’inquiète, c’est sûr! Quand je vois le taux d’achalandage dans les salles de théâtre par exemple, ça me fait peur! Il faut renouveler le public, intéresser les jeunes [à l’art]! Avec Accès illimité, comme on est à heure de grande écoute, à TVA, c’est sûr qu’on ne peut pas aller dans des créneaux très pointus. Mais cette saison, on va suivre, par exemple, la création des Intouchables, de René-Richard Cyr. C’est sûr que c’est du théâtre grand public, mais si on peut donner la piqûre à trois, quatre jeunes qui iront voir cette pièce, et ensuite autre chose, notre mandat sera accompli!

Panthéon
Trois stars de l’animation qui inspirent Jean-Philippe Dion:

  • France Beaudoin. «Pour son style d’animation plus effacé, qui s’apparente au style que je veux avoir! C’est vraiment une femme que je respecte beaucoup!»
  • Christiane Charette. «Pour son côté un peu irrévérencieux, imprévisible.»
  • René Homier-Roy. «Pour son sens de la repartie. C’est vraiment un modèle!»

Accès illimité
À TVA
Dès dimanche à 21h30

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