collaboration spéciale «On fait appel à la générosité de ceux qui ont les moyens de bien manger sans jamais y penser, pour qu’ils viennent donner un coup de main à ceux pour qui ce n’est pas toujours possible», explique Anne-Marie Withenshaw.

La banque alimentaire Moisson Montréal «célèbre» aujourd’hui ses 30 ans d’existence avec sa toute première soirée Conserve. Si cet anniversaire nous rappelle tristement à quel point la faim est un problème criant au Québec, la fête foodie-musicale qui le marque, animée par Anne-Marie Withenshaw, sera placée sous le signe de la convivialité et de la solidarité.

Le passage du directeur général de Moisson Montréal, Dany Michaud, à Tout le monde en parle dimanche a eu beaucoup d’échos. Est-ce que ça vous a surprise, Anne-Marie, de voir à quel point le public s’est senti interpellé par son témoignage, par sa cause?
En fait, pas du tout! Parce que je sais à quel point ce gars-là est capable de déplacer des montagnes! D’ailleurs, lorsque Moisson Montréal m’a contactée pour me proposer d’être bénévole et que j’ai dit oui, les gens de l’organisme m’ont invitée à visiter ce qu’ils appellent leur «entrepôt». J’y ai fait la rencontre de Dany; j’ai vu le système qu’il a créé, son ARMÉE de bénévoles et le volume de nourriture qu’ils classent et distribuent chaque jour. Ça m’a vraiment impressionnée. Je lui ai dit : «Ben là, Dany, il faut faire une vidéo virale avec ça!» (Rires) C’est fou ce qu’ils réussissent à faire non seulement avec les denrées non périssables qu’ils récupèrent, mais aussi avec des aliments frais. Il y a des caisses et des caisses de bananes, de pommes, de ci, de ça, c’est incroyable!

L’événement de ce soir vise à «célébrer l’entraide». On imagine que, du coup, le style d’animation que vous allez privilégier sera votre style signature, souriant, enjoué?
Oui! C’est une fête conviviale, pour remercier les gens de leur générosité. On n’est pas là pour être déprimants ou misérabilistes, on est réalistes! Vous l’avez vu à Tout le monde en parle: pour moi, Dany, c’est quelqu’un de très «Problème? Solution!» Je travaille en télé, un milieu où il y a beaucoup de coupes et où l’on est toujours en train de dire oh, y a pas de budget, y a pas de budget… Lui, plutôt que de s’apitoyer sur le sort d’un organisme qui avait exactement les mêmes problèmes – pas d’argent, pas de budget –, il a convaincu PLEIN de monde de donner leur temps et leurs produits. Et il a un rendement formidable! Ça me fait capoter! Au-delà du spectacle, je conseillerais à tout le monde de faire une journée de bénévolat à Moisson Montréal. Vous allez repartir de là le cœur rempli, impressionné par ce que l’être humain peut accomplir. Vraiment.

Récemment, on a beaucoup parlé du fait que la faim affecte de plus en plus de Québécois. Pendant les Fêtes, il y a d’ailleurs eu les pubs de la Grande Guignolée qui nous rappelaient que «Le visage de la pauvreté change». Sentez-vous que nous sommes de plus en plus sensibilisés à cette problématique?
C’est vrai que, comme la pub le disait, le visage de la pauvreté change. De moins en moins de gens ont des pensions, de la sécurité d’emploi. Dans tous les milieux! Même mes amis qui occupent des emplois stables, dans l’enseignement par exemple, ne sont pas nécessairement à l’abri de la pauvreté. Dans le milieu artistique, on n’en parle même pas! Il y a un si énorme clivage! Soit t’as énormément de succès et tu es très bien nanti, soit tu essayes de travailler du mieux que tu peux. Cela dit, le visage de la pauvreté change, oui, mais il y a de multiples problèmes qui alimentent cette roue-là. On est pris dans une société de surconsommation, il y a des enjeux environnementaux…

Vous animez la soirée Conserve, donc. Qu’est-ce que ce mot évoque pour vous?
Oh! Toutes sortes de choses! La canne de conserve, c’est LA denrée non périssable par excellence, celle qui coûte 99¢ et qu’on place presque systématiquement dans le panier de collecte. En même temps, cette conserve a vraiment son utilité. Elle va loin! La canne de soupe qui est si réconfortante peut aider à faire une sauce pour plusieurs personnes. Et puis, «Conserve», c’est aussi dans le sens «qu’on serve» à quelque chose en étant utiles. Et enfin, ça évoque la «conservation» de la mémoire, pour rappeler que ça fait 30 ans que Moisson Montréal existe et qu’on en a toujours besoin, malheureusement.

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