Benoit Vermette/collaboration spéciale Étienne Drapeau avec les deux fondateurs de la mission Sainte-Justine au cœur du monde, la chirurgienne cardiaque Nancy Poirier et le cardiologue Joaquim Miró.

Depuis 10 ans, l’équipe médicale bénévole de la mission Sainte-Justine au cœur du monde se rend dans des contrées éloignées pour opérer des enfants malades du cœur et transmettre ses connaissances aux professionnels sur place. Pour une deuxième année consécutive, le chanteur Étienne Drapeau donne sa voix à la cause.

En avril, vous partirez avec la mission Sainte-Justine au cœur du monde en Éthiopie. Mais vous n’y distribuerez pas de médicaments. Plutôt des sourires et des chansons?
Oui! Je vais amener ma guitare, jouer de la musique pour les enfants, mettre la main à la pâte… Je ne voulais surtout pas y aller en touriste! Je suis un rassembleur. Quand j’étais jeune, au hockey, j’étais souvent le capitaine de mon équipe. Ce que je veux faire, c’est créer une unité. Une de mes chansons dit «Inch Allah, tous ensemble, main dans la main, Inch Allah». Il y a trois mots dans le refrain, c’est facile à chanter et quand les gens le font, il y a tout de suite une connexion.

Être porte-parole pour Sainte-Justine au cœur du monde ça vous fait chaud au cœur, justement?
Oui! Je me suis impliqué dans beaucoup, beaucoup, beaucoup de causes dans ma vie, mais travailler avec les enfants et les gens de Sainte-Justine, c’était comme un petit rêve humanitaire pour moi. Il y a une aura immense autour des bénévoles de cet hôpital! Heille, ce qu’ils font dans la vie, c’est réparer des cœurs! Quand [les fondateurs de la mission] les Drs Joaquim Miró et Nancy Poirier m’ont proposé de collaborer avec eux, j’avais tout le temps ces mots dans la tête. Alors je me suis assis au piano et j’ai écrit la chanson-thème Réparer des cœurs. Puis, j’ai décidé de remettre tous les profits à l’organisme.

Vous la chantez d’ailleurs en spectacle. Quand vous l’interprétez, sentez-vous l’ambiance changer dans la salle?
Je me fais énormément parler de cette chanson! En fait, il y a deux chansons dont on me parle systématiquement, à chaque séance d’autographes, c’est celle-là…

… et celle sur le mariage?
Non. En fait, oui, Marie-moi, je m’en fais quand même parler un peu! (Rires) Mais ça vient moins chercher les gens aux tripes, si on peut dire. L’autre, c’est J’en veux pas d’ton paradis, où je parle d’un père atteint d’un cancer incurable. Dans celle pour Sainte-Justine, j’ai imaginé une femme enceinte tellement heureuse, qui prépare la chambre de son bébé depuis neuf mois, avec les couleurs, tout ça. Quand elle accouche, on lui enlève presque aussitôt son enfant parce que oh, il est malade du cœur et il faut l’opérer d’urgence. Je l’ai écrite pour ceux qui traversent des moments difficiles, en espérant qu’elle puisse les aider à faire un bout de chemin, à accepter, à comprendre.

Ça fait des années que vous faites de l’humanitaire: vous avez été dans des orphelinats en Afrique, en République dominicaine… Faire autre chose que de la musique «pure et dure», c’est un besoin?
C’est un appel que j’ai eu au début de la trentaine. Je ne voulais plus me définir par le nombre d’albums que je vendais, par le désir de toujours faire un autre numéro un. Je voulais que les gens disent un jour: Étienne Drapeau, c’était un bon – j’espère qu’ils diront un grand! – auteur-compositeur, mais surtout un homme qui a aidé à changer le monde.

Diriez-vous que vous êtes un optimiste?
Je suis un GRAND optimiste! Je n’aime pas le négatif. Je dis souvent aux gens: si vous avez un enfant malade, des gros problèmes d’argent, que vous êtes sur le bord d’être dans la rue, là on peut dire: «OK, c’est tough, la vie n’est pas facile.» Mais sinon…! J’ai toujours pensé qu’une personne généreuse va en inspirer d’autres. C’est comme une grande chaîne de bonheur. J’ai des modèles, des grands: Gandhi, Mère Teresa…

À cette liste, vous ajoutez la Dre Poirier et le Dr Miró?
Oui, tout à fait! (Rires) J’ai pour eux une admiration sans bornes! Il y en a qui vont dans le Sud prendre leur piña colada sur la plage – et ils ont le droit! –, mais ces docteurs donnent leur temps, pendant leurs vacances, sans être payés, pour opérer des enfants et transférer leurs connaissances!

Sur une autre note, les récentes coupes en santé, est-ce une chose qui vous inquiète?
J’avoue que je m’y perds un peu. C’est tellement un monde compliqué, la politique, l’économie, l’argent… Comme je n’ai pas la prétention de pouvoir argumenter au sujet des chiffres, au lieu de m’impliquer au niveau sociopolitique en termes de déclarations, je fais des belles affaires! Je fais du bien!

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