Yves Provencher/Métro «J’ai déjà chanté avec de grands orchestres à Paris, mais c’était froid», confie Jean-Pierre Ferland

Figure marquante de la chanson francophone d’Amérique, Jean-Pierre Ferland revêtira ses classiques de somptueux habits symphoniques, dont quelques-uns en compagnie de Florence K.

Les jeunes générations ne le savent peut-être pas suffisamment, mais la majorité des observateurs de la scène musicale s’entendent pour dire que l’album concept Jaune, paru en 1970, demeure à ce jour au sommet de la liste des meilleurs disques québécois.

Dès lors, pas étonnant que Jean-Pierre Ferland ait déjà vu un orchestre symphonique enjoliver son répertoire.

Il était donc tout à fait naturel qu’après Laurence Jalbert, Isabelle Boulay, Bruno Pelletier, Gino Vanelli et consorts, le chef Simon Leclerc et l’OSM se penchent sur le répertoire de Ferland. Une consécration pour un artiste pop?

«Absolument. Surtout quand ça se passe chez soi. J’ai déjà chanté avec des grands orchestres à Paris, mais c’était froid: on ne se connaissait pas… Tandis qu’ici, il y aura plusieurs musiciens que je connais déjà. De plus, Simon Leclerc, le chef d’orchestre, a le don de nous mettre à l’aise. Il n’est pas snob pour deux sous, une chose dont on a toujours peur», confie Ferland qui interprétera notamment des pièces du somptueux album Écoute pas ça, dont, bien sûr, le désormais grand classique des mariages Une chance qu’on s’a, en plus de cette autre perle Qu’est-ce que ça peut ben faire. Un titre qu’il a redécouvert grâce à la reprise d’Éric Lapointe, le rocker qui l’a d’ailleurs remplacé à La Voix.

«C’est moi qui ai fait [la sélection des pièces]. Comme je savais que Florence K allait être de la partie, j’y ai intégré La musique, ma chanson favorite, car elle est la seule musicienne qui la joue.» – Jean-Pierre Ferland, qui a aussi ajouté une pièce qu’il interprète rarement, La grande mélodie. Rebaptisé pour l’occasion La grande symphonie, ce morceau ludique rend hommage aux musiciens et à la vie.

Au fait, Ferland n’avait-il pas fait ses adieux à la scène devant plus de 13 500 personnes en 2007 au Centre Bell? «C’était de vrais adieux. J’avais failli mourir et on venait de me nettoyer la carotide. Léveillée (Claude) venait de nous quitter et je me suis dit: “Il faut bien arrêter quelque part.” D’autant plus que je ne veux pas mourir sur scène. Je trouve que c’est un manque de délicatesse. J’imagine mal les gens dire, après (voix de crécelle): “Heille! Vous savez, j’étais là quand il est mort”», rigole Ferland en se moquant de lui-même après avoir promis, badin, à Florence K qu’il la demanderait un jour en mariage.

Puis, il ajoute: «Il me manquait une chose que je n’aurais jamais soupçonnée: le succès. Pas les applaudissements, mais bien de réussir quelque chose. Quand tu décides d’arrêter, comme je l’ai fait, non seulement tu ne réussis plus rien, mais tu commences à descendre tranquillement. Or, comme ma santé est revenue et que j’ai des gênes extraordinaires…» sourit Ferland, qui se réjouit de chanter avec un chef d’orchestre québécois et assure qu’il est en grande forme et ne manquera pas de souffle durant ces prochains tours de chant. Ce qui lui sera également utile pour souffler ses 81 bougies, le soir de la Saint-Jean-Baptiste cet été.

Ferland: un 80e anniversaire à l’OSM
Maison symphonique de Montréal
Lundi soir, mardi et mercredi à 20h

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