Elena Zannoni Le spectacle Too Late! antigone (contest #2), de la compagnie italienne Motus, fait écho au contexte social actuel.

Le 6e festival TransAmériques débute cette semaine. Et selon son conseiller artistique, Martin Faucher, tout le monde pourra y trouver son compte.

C’est la parole d’artistes ancrés dans leur réalité sociale et politique que présente le Festival TransAmériques (FTA), événement international de création contemporaine. Pas étonnant, donc, que les spectacles de cette année aient un côté très engagé et revendicateur. «Ça arrive à point nommé dans le contexte politique effervescent qu’on peut voir au Québec», dit le conseiller artistique du FTA, Martin Faucher.

Et ce n’est pas que du côté des créateurs québécois qu’on trouve des œuvres faisant écho à la situation politique actuelle, puisque le festival tient à montrer une diversité de points de vue d’artistes qui viennent d’un peu partout. «La compagnie italienne Motus, qui présente deux spectacles autour du mythe d’Antigone, correspond exactement, mais exactement à ce qu’on est en train de vivre au Québec, mais c’est un cycle qui a été amorcé il y a trois ans sur la jeunesse européenne en colère. C’est réconfortant de voir qu’on n’est pas tout seuls dans cette situation et qu’il y a un certain point de rupture qui a été atteint, que ce système ne peut pas continuer comme ça.»

Certains spectacles dénoncent d’autres réalités sociales et économiques, notamment Chante avec moi, d’Olivier Choinière. «C’est un spectacle qui présente l’art comme facilement récupérable par un système économique; plus le succès arrive, plus la substance de l’artiste peut se vider. C’est troublant de voir des artistes présenter une certaine perte de repères, de valeurs que nos systèmes économiques entraînent.»

Et ce n’est pas qu’en termes de sujets que le FTA veut sortir des sentiers battus. Les œuvres mêlent danse, théâtre et art visuel, investissent des espaces inusités – on pense à l’installation x-fois gens chaises, où on trouve des personnes âgées assises sur des chaises blanches vissées aux murs des immeubles du Quartier latin –, redéfinissent le lien entre les acteurs et les spectateurs… Disons qu’on est loin du théâtre classique. Mais même si cela pourrait faire peur à certains, Martin Faucher insiste : on n’est pas dans le cliché de l’artiste expérimental qui propose des spectacles hermétiques, et tout ce qui se trouve à l’affiche du festival peut être considéré comme «grand public».

«La grande difficulté pour nous, c’est d’intéresser les gens à des artistes qu’ils ne connaissent pas, dit Martin Faucher. Mais quand ils sont venus voir un spectacle, on sent qu’ils sont contents de l’avoir fait, même s’ils n’ont pas tout compris, parce qu’il y a un vrai plaisir à être déstabilisé. Il n’y a pas de spectacle “trop compliqué”. Je crois que les artistes souhaitent vraiment la confrontation, la rencontre, la découverte… Personne ne se dit : “Je vais faire ce spectacle-là pour 12 personnes”! Alors oui, c’est vraiment pour tout le monde.»

À surveiller

Martin Faucher dit qu’il lui est difficile de nommer ses coups de cœur puisque, selon lui, aucun spectacle n’est à déconseiller. Voici néanmoins quelques points forts de la programmation :

  • Cesena, d’Anne Teresa De Keersmaeker. «Un spectacle magnifique.»
  • Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci. «Très troublant, très questionnant.»
  • Nature morte, de Julie Andrée T. «C’est une performeuse extraordinaire, trop peu connue ici, qui fait un spectacle sur la nature.»
  • Mygale, de Nicolas Cantin. «Un gars qui vient du cirque et qui interroge la présence du corps, d’acteur ou de danseur.»

Festival TransAmériques
Du 24 mai au 9 juin

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