Collaboration spéciale Embrasse-moi comme tu m'aimes

Avec son prochain film Embrasse-moi comme tu m’aimes, André Forcier demeure fidèle à son œuvre: une histoire tout sauf banale, où le fantasme côtoie la réalité, où les personnages, complexes, ont les deux pieds plantés dans l’univers «forcieresque» du réalisme magique.

«Ce n’est pas du surréalisme, mais plutôt du réalisme magique. Il y aura des choses oniriques, comme dans tous mes films. Ça fait longtemps que j’écris comme ça. J’ai une manière, certains n’en ont pas», partage le cinéaste longueuillois, rencontré lors de la deuxième journée de tournage, dans un studio de Griffintown.

Embrasse-moi comme tu m’aimes est campé dans les années 40. Forcier a imaginé une histoire d’amour aux frontières ambiguës entre deux jumeaux, Pierre (Émile Schneider) et Berthe Sauvageau (Juliette Gosselin). Le frère prend soin de la sœur, infirme, dont le fantasme le poursuivra Pierre, lui entend partir à la guerre, mais qui est retenu par sa soeur. Berthe épousera un Italien (Tony Nardi) plus âgé qu’elle, qui tombera dans l’œil de la mère des jumeaux, interprétée par Céline Bonnier.

«L’idée de traiter de l’inceste me titillait. Et passer par la métaphore des jumeaux, ça allait de soi», évoque le cinéaste.

Le contexte des années 40 et de la Deuxième Guerre mondiale n’est qu’une toile de fond, ajoutant une couche dramatique à la relation entre les jumeaux, sur laquelle se concentre le scénario. Exit le «film d’époque qui montre des tramways et toute la ribambelle de clichés et la nostalgie des années 40».

Parmi la «belle grappe d’acteurs» réunis autour de ce projet se retrouve des fidèles aux films d’André Forcier: Céline Bonnier, Roy Dupuis, France Castel, Tony Nardi, notamment. «Ce sont des amis et ils jouent drôlement bien. Céline [Bonnier], c’est un peu moi qui l’ai découverte. Son premier long métrage, c’était Le vent du Wyoming qui, selon moi, est mon meilleur film. Mais ça… c’est relatif», dit-il, sourire en coin.

Un amour «indécrottable»
Un premier saut dans le monde d’André Forcier représente un défi à plusieurs égards pour les deux jeunes acteurs Juliette Gosselin et Émile Schneider. Ne serait-ce que «d’être à la hauteur du scénario», lance l’acteur.

Lorsque les deux jeunes parlent de leurs personnages et de leur relation, le mot inceste n’est jamais prononcé. «C’est plus un film sur le fantasme, sur l’amour impossible, sur les forces plus grandes que ce qu’il y a comme liens éthiques acceptables. Mais on reste dans le rêve», évoque Émile.

«Ça m’a paru comme une histoire d’amour. Je ne l’ai jamais vu comme quelque chose de tordu, partage quant à elle Juliette. Il y aura des trucs confrontants, mais c’est parce qu’on va les trouver beaux. André appelle ça un amour indécrottable, quelque chose dont tu ne peux pas te débarrasser.»

Selon les deux comédiens, Forcier laisse beaucoup de place aux acteurs sur le plateau, leur demandant leur avis sur la mise en place, leur donnant une certaine liberté dans l’interprétation. «Mais les mots, ça, il y tient à tout prix», laisse tomber Juliette Gosselin.

Retourner dans la famille
À un film d’André Forcier, on dit oui, tranche Céline Bonnier. Sur le plateau d’Embrasse-moi comme tu m’aimes, l’actrice, qui en est à sa cinquième collaboration avec le réalisateur, a l’impression de «retourner dans la famille».

«C’est un univers qui m’est familier. Je viens du théâtre. Les scénarios d’André portent quelque chose de théâtral, parce que l’écriture est travaillée dans le sens de la poésie, de l’improbable, et c’est quelque chose que j’aime énormément», confie-t-elle.

C’est d’ailleurs cette poésie et cette fantasmagorie qui enjolivent la relation entre les jumeaux, croit-elle. «Avec Forcier, il y a la vraisemblance, mais il met du baking soda: ça gonfle, ça fleurit. Il met de la dentelle», illustre-t-elle.

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