Dan Ziemkiewicz Tricia Foster

Avec son troisième disque, Négligée, Tricia Foster s’est fait plaisir, au risque de déplaire. Entretien avec une «grande fille avec une grande gueule».

«Je suis assez trash comme fille et je voulais que ça paraisse. Avant de sortir ce disque, j’ai fait écouter quelques tounes à ma mère et elle a dit : “Mmm. C’est différent.” Quand les gens – et ta mère! – disent que c’est différent, ce n’est jamais bon signe!»

Drôle et directe, Tricia Foster n’a pas peur des mots. Lorsqu’on rencontre l’artiste ontarienne pour parler de son tout nouveau disque, Négligée, elle nous raconte par exemple qu’avant de se mettre à composer cet album bilingue, elle a eu une passe où elle a «questionné sa vie amoureuse, son travail et sa façon de vivre».

«J’ai passé beaucoup de temps sur mon sofa, à ne rien faire et à regarder par la fenêtre. Je sais que c’est déprimant, mais je ne pouvais tout simplement pas me lever! Heureusement que j’avais Netflix!» lance-t-elle en riant. Puis elle nous confie que, récemment, elle a décidé de vendre toutes ses possessions afin d’aller vivre dans une fourgonnette pendant un an. «Si vous cherchez une télé plasma, vous savez qui appeler.»

Avec Négligée, disque «écrit en quatre jours» et réalisé par Olivier Fairfield, l’authentique Tricia nous plonge dans un univers plus sombre et nocturne que ceux de ses précédents opus, Tricia 412 (2004) et Commerciale (2008). Dès la première chanson, M. Le temps, la jeune femme met cartes sur table et se présente comme étant «une grande fille avec une grande gueule».

«Je n’ai aucune idée comment mon public va réagir, commente- t-elle. Mes deux autres albums ne ressemblent pas du tout à ce disque!» Et justement, a-t-elle eu peur de perdre des fans en prenant ce tournant? «Oui, pendant, genre, deux secondes!» rétorque-t-elle en riant.

Ce changement d’ambiance et de sonorité, l’auteure- compositrice-interprète le met sur le compte de l’apprentissage de la basse électrique. «Je suis vraiment nulle à la guitare. Ça fait des années que j’essaye, mais ça ne marche tout simplement pas. Autour d’un feu de camp, quand tout le monde est soul, oui ça passe, mais je serais mal à l’aise de faire payer 20 piasses à du monde pour m’entendre jouer, raconte-t-elle. C’est pourquoi j’ai essayé la basse électrique et il s’est avéré que j’avais de la facilité avec cet instrument!»

Le fait qu’elle soit devenue instrumentiste lui a non seulement donné plus de liberté sur le plan de la composition, mais également sur scène. «Avant, quand je ne jouais pas d’instrument, je sentais qu’il y avait un malaise. Disons que je ne suis pas une pop star qui danse en chantant, moi!» Avec sa basse, Tricia s’est également mise à faire l’expérience de divers styles qui habitaient son inconscient depuis longtemps.

«Je me suis replongée dans les années 1990. La musique de cette époque, comme celle de Tricky ou de Tori Amos, a toujours fait partie de ma vie, mais je n’avais jamais eu les couilles de l’explorer moi-même avant cet album.» Pour ce qui est de la réception qui sera réservée à ses explorations, Tricia Foster ne s’en fait pas trop. «Je ne planifie pas trop le futur pour ce qui est de cet album. Je l’ai fait avec une espèce de je-m’en-foutisme, car je voulais vraiment faire un disque avec lequel je me sentirais bien. En gros, j’ai fait un album qui m’a fait plaisir…»

Négligée (étiquette Apcm)
Dans les bacs

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