collaboration spéciale Alexandre Douville

Finaliste deux fois à En route vers mon premier gala, Alexandre Douville présente cette semaine son spectacle La ligne, dans lequel il joint humour et philosophie et attaque de façon réfléchie des sujets tabous.

«Je n’ai pas le droit… alors je le fais.» C’est par cette phrase que l’on pourrait résumer la ligne directrice du premier spectacle d’Alexandre Douville, humoriste aux airs de dur à cuire passionné de philosophie. C’est que celui qui s’est fait connaître par ses participations à En route vers mon premier gala et à L’événement JMP s’est un jour «écœuré de la vision de l’humour comme un divertissement consommable et jetable», de «l’humour d’observation dans lequel tout le monde se retrouve, mais par lequel absolument rien n’est dénoncé». «J’étais tanné de m’autocensurer parce que j’étais conscient de cet aspect frileux des gens quand on entre dans des zones taboues, où on n’est pas censés aller. Moi, me faire dire que je ne peux pas parler de quelque chose, ça me rend automatiquement curieux, explique-t-il. Par exemple, faire rire de l’Holocauste, je vois ça comme un défi. Et dans mon spectacle, j’utilise des logiques de dystopie – par le contre-exemple, j’essaie de justifier tout ce que Hitler a fait, en le présentant comme un Messie. Et j’arrive à quelque chose qui se tient, même si on sait que c’est complètement ridicule!»

L’humoriste explique par ailleurs que, comme il inclut dans son spectacle des numéros d’humour très noir, il essaie de doser pour ne pas que ça devienne «trop». «Cela dit, je crois que plusieurs personnes sont tannées de l’humour un peu plus conventionnel, qui leur donne une impression de déjà vu», soutient-il. Celui qui a travaillé aux spectacles de Jérémy Demay et de Vincent C, notamment, dit avoir appris du charisme de ceux-ci, puisqu’il se décrit davantage comme quelqu’un d’«analytique et rationnel»: «J’ai dû apprendre à devenir attachant sur la scène! Je ne suis pas forcément dans une dynamique du plaisir avec le public, mais plutôt dans une quête de vérité.»

«L’humour noir, c’est le plus difficile à maîtriser. Si tu rates ta shot, t’es pas juste pas drôle, t’es un trou de cul.» – Alexandre Douville, dont le spectacle comprend des numéros très «noirs»

Un gala avant le spectacle
C’est dans cette idée de «quête de vérité» qu’Alexandre Douville puise dans ses histoires personnelles pour parler d’une génération «modulée sur la pornographie», pour laquelle les dysfonctions sexuelles, par exemple, sont de l’ordre du tabou. Le sujet de la sexualité, il l’abordera notamment ce soir dans le gala Juste pour rire sur la luxure, animé par Laurent Paquin. «Je ne suis pas trop nerveux à l’idée de faire partie d’un gala, le plus frustrant, c’est plutôt de n’avoir que sept minutes, fait-il valoir. En humour, il y a des sprinteurs, qui, en quelques minutes, vont aligner les punchs, mais qui risquent de s’essouffler dans un plus long show. Et il y a des marathoniens, qui ont besoin de plus de temps pour installer leur rythme, mais qui peuvent continuer longtemps, et je fais davantage partie de cette catégorie.»

La ligne
Au Petit Olympia
Jeudi à 20h

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