Collaboration spéciale 20,000 Days on Earth explore la vie de Nick Cave, icône underground, né le 22 septembre 1957.

Non conventionnel, grave et poétique, à l’image de son sujet, le documentaire 20,000 Days on Earth explore la vie de Nick Cave, poète australien aux doigts qui courent sur les touches d’une machine à écrire et martèlent sur celles d’un piano comme s’il n’y avait pas de lendemain, jamais. En tout cas, pas tout de suite.

Réalisé par Iain Forsyth et Jane Pollard, ces 20 000 jours nous offrent une rare incursion dans les souvenirs du roi de Murder Ballads.

Parlant de souvenirs, ces derniers sont au cœur de ce film, qui s’attarde aussi à la peur, dévorante, qu’a Nick Cave d’être oublié. Au fil des scènes oniriques, qui nous le montrent chez le psychiatre, au lit ou en compagnie d’amis, les documentaristes londoniens explorent également les thèmes chers à l’artiste, dont la religion, le désir, le délire, la folie, l’intoxication et ces personnages de hors la loi, de canailles et de dépravés qui meublent son univers.

De grands pans du long métrage se déroulent dans une voiture. Un décor qu’avait par ailleurs prisé Cave dans The Death of Bunny Munro, son roman paru en 2009 et dédié à sa femme, Susie, dont la rencontre, relatée dans le film, agira comme un secousse sismique et une révélation absolue.

Parsemé de séances d’enregistrement, de répétitions, l’œuvre s’arrête sur son amitié quasi-cosmique avec le chevelu violoniste Warren Ellis, qui lui prête une oreille attentive tout en apprêtant des anguilles. «J’ai probablement partagé plus de repas avec toi qu’avec ma femme!» lance au ténébreux protagoniste son allié de toujours, qui l’a accompagné au sein des Bad Seeds, de Dirty Three et de Grinderman. Autre relation marquante abordée ici : celle avec Kylie Minogue, dont le chanteur se souvient «avec nostalgie», lui qui pourtant, n’en a rien à faire, d’être nostalgique. Dans la voiture, toujours, les deux compatriotes, complices d’antan, discutent du nombre stupéfiant de statues de cire qui ont été faite de Kylie («cinq!»), puis de cette chanson qu’ils avaient chantée en duo (et en live à Top of the Pops), Where the Wild Roses Grow. Nick note du reste que ce qui le fait grow, grandir, lui, c’est la scène, sur laquelle il sait se faire ange, comme son père lui avait dit un jour, mais où il peut aussi voir son monde s’écrouler et retomber à l’état de «pauvre type», si jamais il voit un spectateur bâiller.

Au final, 20 000 Days on Earth, ce n’est pas juste un documentaire. C’est un hommage à une folie créatrice qui dure et chamboule tout depuis 40 ans.

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