Qui n’a jamais trouvé sa vie ennuyante en regardant défiler sur les réseaux sociaux les photos de ses amis à la plage, au resto ou pendus au bras de leur charmante moitié? «Mais toutes ces personnes-là ne te parlent pas de leurs dettes, des troubles d’apprentissage de leur enfant ou du fait qu’ils n’ont pas baisé depuis deux mois», souligne Louis Morissette qui, avec Le mirage, a décidé de montrer l’envers du décor de ces existences qui semblent si parfaites.

Ricardo Trogi
Ricardo Trogi – Crédit photo: Les Films Séville

Qu’est-ce qui rend heureux? Une voiture de l’année? Une piscine creusée? Un voyage à Cuba? Le scénariste du film Le mirage – dans lequel il joue aussi –, Louis Morissette, voit tout ça comme des «calories vides auxquelles on s’accroche pour trouver du plaisir dans une vie qui ne nous satisfait plus». «Je ne juge pas, mais c’est une chose que j’ai souvent remarquée, et ç’a été le point de départ du scénario, affirme-t-il. Quand j’ai décidé de ne pas offrir une autre saison de C.A. [série télévisée dont il tenait la vedette et qu’il scénarisait], j’avais encore dans mes papiers une quête, une réflexion que je trouvais intéressante, à savoir qu’il y a beaucoup de monde dans notre entourage qui ont une vie correcte, qui ont un bon salaire, mais qui n’ont plus de passion. Et je trouve ça un peu dommage de traverser la vie sans grand bonheur.»

«Si les gens ont envie de discuter à la fin du film, ça sera déjà une réussite. Il y en a probablement quelques-uns qui auront l’impression qu’il est temps pour eux de passer à l’action.» – Ricardo Trogi, réalisateur

Dans Le mirage, le mari de Véronique Cloutier joue Patrick, un charmant quadragénaire propriétaire d’une franchise de magasin de sport qui a tout pour être heureux: Isabelle, sa jolie conjointe (Julie Perreault), leurs deux enfants, une grosse maison en banlieue meublée d’accessoires dernier cri… Et pourtant. Au bord de l’épuisement professionnel et de la faillite, pris dans un couple dont la vie sexuelle et sentimentale bat de l’aile, Patrick devient obsédé par la meilleure amie de sa femme, la très sexy Roxane (Christine Beaulieu).

«La quarantaine, c’est une période-clé, croit Louis Morissette. Dans la vingtaine, tu es habité par l’idée – plutôt arrogante – que toi, tu vas changer les choses. À 30 ans, tu constates que les choses ne bougent pas aussi vite que tu l’aurais cru. À 40 ans, tu n’as vraiment pas changé le monde, mais tu as des enfants, une hypothèque… Les gens qui suivent ce parcours-là finissent souvent par se résigner un peu, et parfois, ils en viennent à prendre des antidépresseurs, à trouver des solutions temporaires pour réussir à traverser une vie qui ne leur convient pas.»

Le mirage
Christine Beaulieu et Patrice Robitaille – Photo: Les Films Séville

Sur la ligne
Même si Le mirage, premier long métrage que signe Louis Morissette (en collaboration avec François Avard), a un ton similaire à celui de C.A., l’humoriste a constaté qu’il y avait de légères différences dans la manière d’écrire pour le petit ou pour le grand écran: «Dans une série, tu peux te gâter un peu plus, tu peux intégrer des quêtes, une couple de scènes que tu trouves juste efficaces et drôles. Au cinéma, tu dois te concentrer sur ce que tu racontes et tu as moins de temps pour installer la sympathie du public envers le personnage, donc c’est plus fragile.»

Ricardo Trogi – à qui Louis Morissette a souhaité confier la réalisation du film dès les balbutiements du projet, à cause de la parenté entre son univers et celui du cinéaste derrière Horloge biologique et Québec Montréal – affirme d’ailleurs qu’il a été nécessaire de couper une ou deux scènes au montage. «Louis a écrit un personnage qui est constamment sur la ligne, par les choix qu’il fait, par le dénouement, et il fallait faire attention de ne pas le rendre antipathique, pour que les gens puissent s’identifier à lui, fait-il valoir. Le film commence et il est déjà écœuré. Tu ne l’as pas vu heureux en famille, il est déjà au bord du précipice, alors c’est sûr qu’on a cherché des moments où on pouvait glisser un sourire ou deux.»

En salle dès mercredi

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