Guillaume Canet, dans La prochaine fois je viserai le coeur

Dans La prochaine fois je viserai le cœur, Guillaume Canet incarne Alain Lamare, le tueur de l’Oise, qui défraya la chronique à la fin des années 1970. L’acteur évoque sa métamorphose en assassin devant la caméra de Cédric Anger.

Avez-vous rencontré Alain Lamare, le vrai tueur de l’Oise?
J’aurais aimé, mais les instituts psychiatriques n’acceptent pas qu’on rencontre leurs patients pour ne pas raviver de souvenirs qui pourraient nuire à la thérapie. Et comme les traitements plongent souvent les patients dans le brouillard, il aurait de toute façon été difficile de discerner le vrai du faux.

Vous vous êtes donc replongé dans les archives de l’époque?
Hormis un numéro de Faites entrer l’accusé, je me suis surtout basé sur le scénario et le livre d’Yvan Stefanovitch, le journaliste d’investigation qui, en suivant l’affaire pour la presse à l’époque, a côtoyé Alain Lamare de près. En revanche, j’ai regardé beaucoup de documentaires sur les militaires et les gendarmes pour observer leur façon de bouger et de parler, et leurs visages souvent secs, froids, illisibles comme celui de mon personnage.

Vous jouez pour la première fois un «méchant». C’est libérateur?
C’est plus compliqué que ça avec ce personnage. C’est justement sa dualité qui m’interpellait. D’un côté, c’est un bon gendarme volontaire, investi, irréprochable, et de l’autre, un tueur malade, en panique et en souffrance pour lequel on ressent de l’empathie… enfin, toute proportion gardée, car je n’oublie pas la douleur des familles des victimes.

«Souvent, je n’arrive pas à me voir au cinéma, mais Cédric Anger a tellement bien bossé que j’ai pu apprécier son thriller en simple spectateur, en ou- bliant que j’étais dedans.» – Guillaume Canet

Choisissez-vous différemment vos films depuis que vous réalisez?
Bien sûr. Comme j’écris et je mets en scène, je ne suis pas obligé d’accepter un film pour travailler. Je ne suis pas dans l’attente de rôles, ce qui me permet d’être plus rigoureux et exigeant dans mes choix. D’ailleurs, je suis très fier de ce film. Souvent, je n’arrive pas à me voir au cinéma, mais Cédric a tellement bien bossé que j’ai pu apprécier son thriller en simple spectateur, en oubliant que j’étais dedans.

Et en ce qui concerne la réalisation, où en êtes-vous? On vous a dit «dégoûté du métier» après l’échec de Blood Ties…
Ce n’est pas ça: j’ai travaillé de manière intense pendant 20 ans et j’avais envie d’une pause depuis un moment. Ce besoin s’est accentué après l’accueil critique et public de ce film que j’adore et que j’assume. Mais je suis un être humain, et il fallait que je digère l’échec, que je prenne de la distance pour ne pas finir aigri, et surtout que je vive pour pouvoir nourrir mon travail. Mais j’ai toujours envie de réaliser: je suis en train d’écrire mon prochain film!

En salle dès vendredi

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