Soutenez

Katie Moore: Plus on est de fous…

Photo: Collaboration spéciale

Pour Katie Moore, la musique, ça se fait avec des amis, et dans le plaisir. Et c’est de cette manière qu’elle a conçu son troisième opus, Fooled by the Fun.

La voix limpide au bout du fil, qui s’adresse à nous dans un français enrobé d’un charmant accent anglais, est immédiatement reconnaissable. C’est celle de Katie Moore, qu’on entend régulièrement sur les albums de la crème des artistes de la scène indie montréalaise – SoCalled, Plants & Animals… – et qui a charmé la critique et le public en 2011 avec son deuxième disque, Montebello. Quatre ans plus tard, l’artiste du Mile-End est de retour avec Fooled by the Fun, un opus qui porte bien son titre : s’il s’en dégage musicalement une impression joyeuse, les textes, eux, ne le sont pas toujours.

«Pour moi, écrire des chansons, c’est une forme de thérapie – après avoir écrit, je me sens toujours mieux. Donc, parfois, les chansons sont un peu tristes, mais je ne veux pas nécessairement que la mélodie soit triste aussi, parce que la musique… c’est l’fun!» lance-t-elle en éclatant de rire.

Ce «fun», elle l’attribue en grande partie au groupe de musiciens et de collaborateurs qui l’accompagnent – SoCalled, Jessica Moss et Dave Payant de Silver Mount Zion, Andrew Horton, Mike O’Brien de Sin and Swoon… Tout ce beau monde s’est réuni au studio Mixart et à Hudson, dans la maison des parents de Katie, pour enregistrer l’album en live, à l’exception du violon et des chœurs, précise la rousse chanteuse.

«J’enregistre toujours comme ça, fait-elle remarquer. À la différence que, Montebello, j’avais mis plusieurs années à l’enregistrer; alors que celui-ci, il s’est fait en deux sessions d’enregistrement – parce que je voulais que le son soit davantage uniforme. Mais pour moi, jouer de la musique, c’est une expérience qui doit se faire avec d’autres gens, tous ensemble. Faire un disque différemment, ça serait très étrange pour moi. D’ailleurs, les albums que j’aime le plus, ce sont ceux qui sont faits de cette manière.»

Une autre habitude à laquelle Moore n’a pas dérogé, c’est celle d’avoir recours aux services de Warren Spicer de Plants & Animals pour réaliser Fooled by the Fun. «C’est comme mon frère musical, s’enthousiasme-t-elle. Ça serait étrange de faire de la musique sans lui. On a développé notre système de collaboration ensemble, et ça marche bien parce qu’il écoute très bien. Il y a des gens super créatifs qui donnent trop de suggestions, alors que Warren, lui, sait donner juste la bonne suggestion au bon moment.»

«Avec la technologie, on peut faire n’importe quoi, et ça donne l’impression d’avoir plus de liberté. Mais les limites, ça aide à concentrer ce qu’on veut faire. Si tu peux refaire ton solo mille fois, comment tu vas savoir quelle version choisir?» – Katie Moore, à propos des vertus de l’enregistrement live

Leur complicité musicale les a emmenés à rendre hommage à une idole commune, Tracy Chapman, avec une reprise de Baby Can I Hold You. «Je pense qu’on l’a enregistrée en une seule prise – certains des musiciens ne la connaissaient même pas, se souvient-elle. Tracy Chapman a été une grande influence pour moi quand j’étais plus jeune, et j’ai toujours adoré cette chanson, qui est simple, mais en dit beaucoup.»

À peine Fooled by the Fun lancé, celle qui dit écrire ses chansons au quotidien, dans les moments libres de sa vie fort occupée, pense déjà au prochain. «On a enregistré la dernière chanson de Fooled by the Fun en janvier 2013, alors j’ai déjà plusieurs nouvelles chansons d’écrites et je suis prête à entrer en studio de nouveau, fait-elle remarquer avec un sourire dans la voix. J’ai hâte, c’est mon moment préféré!»

Chanter Françoise avec Ariane

Une autre voix familière se marie à celle de Katie Moore sur une chanson de Fooled by the Fun – celle d’Ariane Moffatt, sur une reprise de Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin, de Françoise Hardy, seule pièce de l’album dans la langue de Molière. «J’avais joué avec Ariane à Winnipeg, et je trouvais que nos voix se mêlaient bien sur cette chanson», raconte l’artiste. Elle ajoute avoir, à l’origine, désiré écrire des chansons en français pour ce troisième album.

«C’était mon but, mais… I failed! J’ai échoué, c’est très difficile! reconnaît-elle en riant. Mais essayer, ça m’a permis d’apprendre sur ma façon d’écrire des chansons. Je me rends compte que mes textes sont beaucoup dans ma tête avant que je les écrive, et je pense en anglais… Mais j’aime beaucoup la langue française. J’habite au Québec depuis l’âge de trois ans; c’est chez moi. Donc j’avais envie de chanter quelque chose en français.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.