Christian Leduc Jeanne Added

La phrase lancée par l’artiste en guise d’intro nous a fait sourire. «Bonsoir, merci d’être si nombreux. On va faire de la musique ensemble. À tout de suite.» À tout de suite? Comment ça?

Parce que. On a vite compris. Un show de Jeanne Added, ce n’est pas «une toune, on relaxe, une toune, on pause, une toune, on jase». C’est un moment d’une grande puissance, dans lequel on a été aspirée, à fond, dès le premier morceau, Be Sensationnal, et duquel on n’est ressortie qu’à la toute, toute fin, et encore, tandis que la musicienne rémoise de 34 ans enchaînait les titres, sans répit, agrémentant le tout d’une chorégraphie faite de mouvements de robot, de danses spontanées, de sautillements soudains. Le micro dans les mains, l’une d’entre elles s’élançant parfois sur le clavier, elle a chanté Miss It All. Puis, sur Ready, elle a dit que la défense l’était, prête. «Our defense is ready.» Et c’est vrai que sa musique avançait à un rythme implacable, décidé.

Cheveux bleachés, tout en noir, Jeanne Added a balancé ses envolées rock, punk, graves, par moments électro-entraînantes, comme sur Back to Summer, chanson étonnante et totalement accrocheuse. Entourée de l’excellente claviériste et choriste Narumi Hérisson et de l’explosive Anne Paceo à la batterie, elle a créé une ambiance qui dynamitait tout sur It. Au son du beat qui martelait, J.A. a bondi sur place, avant d’attraper une baguette et de se mettre à taper sur le drum de sa comparse. Mais si l’ensemble était brut et vif, la musicienne française a aussi signé des instants plus doux, ou du moins un instant plus doux, à savoir Look at Them, ballade pop teintée de claviers old school et portée par sa voix solide, en nuances.

Précédée samedi soir sur la scène de l’Agora des arts par Jesse Mac Cormack qui a offert, soit dit en passant, une prestation majestueuse, composée de murs de sons noise et blues, Jeanne l’a salué, puis s’est dite épatée par la grande utilisation de la basse faite par l’artiste montréalais et par ses musiciens. «Moi, j’adore ça», a-t-elle résumé simplement, doucement, avant d’agripper sa basse à elle.

Et sinon, elle a peu parlé, si ce n’est pour confier avoir composé la pièce Lydia après avoir lu les écrits de l’icône underground new-yorkaise Lydia Lunch. Et pour noter que son premier album, Be Sensational (oui, comme la pièce mentionnée au début), paru sous étiquette Naïve et réalisé par Dan Levy du duo parisien The Dø, était déjà sorti chez nous (depuis, genre, un jour).

«Je n’étais même pas au courant!» a-t-elle lancé au micro dans un sourire. Mais oui, il est sorti. Et son premier single, A War is Coming, est un hit massif en devenir sur le sol québécois. Aux premières notes de cet hymne bien pesant, notre colosse de voisin s’est même mis à sauter sur place et à nous taper sur l’épaule en criant par-dessus les décibels : «C’EST BON HEIN? C’EST BON EN CR*SSE!» On approuve. C’est bon. En… plein d’étoiles.

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