RIDM Omar Khadr

Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) débutent ce jeudi et se poursuivront jusqu’au 22 novembre. Métro vous recommande deux films à voir en deux jours.

Guantanamo’s Child: Omar Khadr

En 2002, le Canadien Omar Khadr, âgé de 15 ans, déménage avec sa famille en Afghanistan. Il y est formé dans un camp d’entraînement d’Al-Qaïda. La justice américaine l’accuse d’avoir tué le sergent Christopher Speer. Il est emprisonné à Guantanamo pendant 10 ans, puis au Canada durant 3 ans. Le 7 mai 2015, il est libéré sous caution et assigné à résidence chez son avocat.

Ces images ont fait le tour du monde: le jeune homme, à sa sortie, souriant, mitraillé par les photographes, demande au public de le laisser lui prouver qu’il n’est pas l’homme que les autorités ont décrit.

On pense connaître son histoire, puis on entend les témoignages, la description des tortures, des insultes, la déshumanisation, et on a honte. Honte pour le Canada, honte pour les droits de l’Homme, honte d’être confortablement installé chez nous.

Jamais les documentaristes Michelle Shephard et Patrick Reed ne tombent dans le larmoyant ou le facile. On y entend les personnes impliquées à l’époque: la sœur et la mère du jeune homme, des soldats américains, d’anciens détenus de Guantanamo. Omar veut nous raconter son histoire, écoutons-le.

Au Cinéma du Parc vendredi à 17h30 et à la salle J.A. de Sève de l’Université Concordia samedi à 18h.

They Will Have to Kill Us First: Malian Music in Exile

«Si vous éliminez la musique, le Mali meurt», lancent sombrement les musiciens de Songhoy Blues. Depuis la prise du nord du pays par les forces djihadistes en 2012, la musique sous toutes ses formes y est interdite. Les musiciens n’ont d’autre choix que de s’exiler. C’est une question de survie.

Cette source de malheur devient source d’inspiration pour ces musiciens qui donnent tout son sens au qualificatif «engagé». À travers le regard de quatre artistes – les gars brillants de Songhoy Blues, Khaira alias «la diva de Tombouctou», la colorée Disco et le guitariste Moussa Sidi –, ce docu dresse un portrait captivant du pays.

À l’écran, le sublime côtoie l’horreur. Une scène envoûtante, genre de vidéoclip, montre Songhoy Blues jammant au coucher du soleil. Un instant plus tard, on voit un homme se faire trancher la main (petit conseil: détournez le regard).

Par-dessus tout, on sent l’amour profond de ces musiciens pour leur pays. Devant la caméra de Johanna Schwartz, ils en deviennent de véritables ambassadeurs.

Au Cinéma du Parc vendredi à 14h30 et samedi à 14h15.

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