collaboration spéciale Foxtrott

Retenez bien son nom, car la Montréalaise Foxtrott s’apprête à créer une onde de choc dans le paysage électronique.

Prendre le temps de bien faire les choses? Aux yeux de tant d’artistes entamant un parcours professionnel, il s’agit d’un luxe qu’ils ne peuvent s’offrir. Lorsqu’on réussit à décrocher une mention dithyrambique sur un blogue influent ou à retenir l’attention d’un label respecté, l’instinct veut qu’on saute sur l’opportunité avant qu’elle ne s’évapore. Mais la Montréalaise Marie-Hélène L. Delorme s’est toujours tenue à l’écart de ceux qui voulaient lui imposer un cheminement qui n’était pas le sien. Sa patience va bientôt porter fruit.

Depuis plusieurs années, le public montréalais a eu la chance d’apprivoiser les basses bien costaudes et les mélodies électro-pop envoûtantes de cette productrice, interprète et compositrice autodidacte (qui se produit sous le pseudonyme Foxtrott) grâce à un EP et à des passages remarqués à Osheaga et M pour Montréal. Celle qui a d’abord fait ses preuves en tant que remixeuse pour la foisonnante scène indie-rock mont­réalaise (Think About Life, Bernard Adamus) se retrouve maintenant à l’avant-plan, avec un premier album mixé par le réputé Damian Taylor (Arcade Fire, Björk), encensé par les programmateurs de BBC Radio, et voyant le jour cette semaine sur l’étiquette londonienne One Little Indian.

Même si vous vous produisez sur scène accompagnée d’un batteur et d’une musicienne qui joue du cor français, Foxtrott est à la base un projet extrêmement personnel. C’était important pour vous de développer votre signature musicale à l’abri du monde extérieur?
En fait, je me révèle énormément dans mes chansons – j’aborde des choses que je ne partage avec personne. Je ne suis pas particulièrement fan d’artistes qui ne se rendent pas vulnérables, masquant leurs émotions sous dix couches de paroles ésotériques. Ce que je fais, c’est de la pop – j’aspire à faire quelque chose de très honnête. Je qualifierais mon approche de la musique de très émotive et physique. C’est super intuitif et viscéral – pas du tout intellectuel.

Certains de vos fans de la première heure attendent cet album depuis trois ans déjà! Vous l’avez d’ailleurs complété il y a un certain temps. Diriez-vous que certaines de vos chansons prennent un nouveau sens à la lumière de ce que vous avez vécu depuis?
Je pense qu’on reste toujours connecté à ce qu’on écrit. Même si ce sont des choses que tu as écrites à un autre moment dans ta vie, finalement, tu te surprends, lorsque tu te mets à les chanter: ça vient toujours te chercher, mais autrement. On est tout le temps en évolution comme êtres humains. Des chansons que tu as écrites vont toujours toucher tes cordes sensibles.

«Au camp de jour, on nous donnait des surnoms. Le mien était renard serviable, car j’étais vraiment sympathique même si je faisais mon truc dans mon coin. J’étais assez solitaire à l’époque, et ce projet s’inscrit dans la continuité de ce trait de caractère. En plus, le foxtrot était mon beat préféré sur le clavier que j’utilisais, donc le nom s’est un peu imposé. Le ‘t’ supplémentaire est un clin d’œil à la traduction allemande. On va se le dire: c’est plus beau avec le t de plus, non?» – Marie-Hélène L. Delorme alias Foxtrott

C’est par l’intermédiaire du hip-hop et de l’électronique que, très jeune, vous vous êtes intéressée à la production. Vous faites désormais partie d’une cohorte fort imposante de beatmakers montréalais (Jacques Greene, Lunice, Kaytranada) qui s’imposent aussi à l’international. Est-ce que l’intérêt marqué du public à l’égard des producteurs vous surprend?
Je crois que les beatmakers sont devenus les nouvelles rock stars, et c’est complètement hilarant! Dans le passé, ils travaillaient toujours dans l’ombre. Maintenant, les filles courent après eux durant les spectacles pour avoir des selfies! Auparavant, les gens s’arrêtaient aux paroles, tandis que les fans d’aujourd’hui apprécient le petit son de synthé hyper pointu qu’un beatmaker va insérer entre deux couplets. On sent qu’il y a une plus grande ouverture d’esprit, que le public a une meilleure compréhension de la pop.

foxtrott A Taller UsA Taller Us
Lancement au Centre Phi
Vendredi à 21 h

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