Julien Cantella François Pérusse.

En 1990, lorsqu’un jeune François Pérusse de 30 ans commence à diffuser ses Deux minutes du peuple à la radio et à travailler sur son premier album, il est loin de se douter du succès phénoménal qui l’attend. Très loin de se douter que, 25 ans plus tard, il lancera son Tome 10.

François Pérusse a su se renouveler en deux décennies et demie. Le célèbre créateur du gars-qui-magasine-au-téléphone le dit lui-même : «Les Albums du peuple sont devenus de plus en plus différents avec les années. On ne peut pas faire la même chose pendant 25 ans.»

Et pourtant, l’humble humoriste est toujours anxieux à la veille de la sortie de son nouvel album. «Chaque fois que je lance un album, il y a toujours une crainte, explique François Pérusse, rencontré dans les bureaux de Zéro Musique. Je ne veux pas que les gens se tannent. Je pense que la seule fois où je n’ai pas eu peur, c’est au premier album, parce que je ne savais pas à quoi m’attendre.»

D’ailleurs, depuis le Tome 4 – qui devait être le dernier –, la question se pose toujours : est-ce qu’on en fait un autre?

Cette année, c’est le 25e anniversaire des Deux minutes du peuple qui a convaincu le prolifique artiste de se lancer dans un nouveau tome – il a d’ailleurs reçu un vibrant hommage de la part de Juste pour rire, l’été dernier.

Comme sur les deux précédents albums, on trouve beaucoup de gags d’actualité sur le Tome 10.

«Je suis pas mal sûr que le Tome 10 est le dernier album physique en CD. Il faudrait qu’il y ait un revirement de situation complet dans le marché du disque. Je suis le premier à être triste, parce que j’aime beaucoup les objets, mais on s’adapte. On va trouver une façon de continuer à distribuer nos bonnes nouvelles!» – François Pérusse

Du ministre de l’Éducation (on devine qu’il s’agit de l’ancien ministre Yves Bolduc) qui veut discrètement s’inscrire à une école de discours – «Je suis tellement reconnu pour me mettre le pied dans’ bouche qu’ils ont commencé à vendre des brosses à dents chez Yellow» – à la parodie de la publicité d’Éduc Alcool – «Le pomme de glace est la bouteille que vous avez reçue en cadeau en 2004 et que vous changez de place dans le frigidaire chaque fois que vous faites une épicerie.»

«Les premières années, je faisais des capsules sur n’importe quoi. Mais un moment donné, tu manques de ressources. Et quand est arrivé Le Jour nul, à TVA, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de plaisir à traiter de l’actualité et que ça m’apportait beaucoup de matériel.» De plus en plus de critique sociale, aussi. La chanson Sacrons-nous la paix ou le message de bonne année du premier ministre Philippe Couillard – «Je pourrais dire : on coupe tout l’an prochain, ça ferait un ost** de punch!» – en sont de bons exemples.

«Oui, il y en a de plus en plus. Je vieillis… Ce n’est pas vrai qu’on est obligé d’être éditorialiste, on est là pour s’amuser. Sauf que je ne suis pas capable de me la fermer sur certaines choses. Et si ça peut devenir une blague, tant mieux.»

Le classiques de Pérusse

Les fans de la première heure de François Pérusse n’ont pas à s’inquiéter : ils retrouveront aussi sur ce 10e tome le bon vieux magasinage par téléphone (le sketch du seadoo, un de nos préférés de l’album), la star de la radio communautaire Louis-Paul Fafard-Allard et la nouvelle coqueluche de Pérusse, Bob Hartley (cette fois-ci préposé à la commande à l’auto, notamment).

«Je n’ai pas le choix. Ne pas les mettre sur un album, c’est à peu près comme ne pas mettre d’arbre de Noël dans une maison où il y a des enfants», illustre-t-il. Parce que, pour plusieurs générations, François Pérusse, ses personnages, ses jeux de mots douteux et ses chansons niaiseuses, mais accrocheuses sont devenus des références culturelles au Québec, rien de moins. «Je le réalise par moments, quand je sors de chez moi, où je travaille seul. Quand je rencontre des gens qui me disent : «Mes enfants, moi, mes parents, on dit tes phrases!» Je vois ça comme un héritage, et ça me fait bien plaisir.»

Les répliques qu’il se fait le plus souvent lancer? «Heille, le cerveau», «p’tite napkin»… et, bien sûr, le fameux «Un skidoo, on peut-tu laisser ça dans’ cour?» «Au début, je ne savais pas quoi répondre. Puis, un moment donné, j’ai compris qu’il fallait que je dise : “Yiiish”!»

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