collaboration spéciale «On a organisé des festivals, des policiers sont venus, on leur a payé une bière, et finalement ils sont restés et ont “trashé” avec nous», raconte JP Tremblay, chanteur du Québec Redneck Bluegrass Project, un groupe habitué des soirées de festivals.

Scandales et bonne humeur en bandoulière, les membres du Québec Redneck Bluegrass Project s’en viennent nous brasser la cage au Club Soda jeudi prochain.

Il en a coulé de la bière sous les ponts depuis que les membres de ce groupe composé de Bleuets s’est formé à… Kunming, Chine, en 2007! Trois albums, des tournées de covers au pays de Bruce Lee, en Birmanie, en Corée, au Laos, des rencontres amoureuses avec des filles de l’empire du Milieu et même un bébé qui est né de cet improbable destin (le père étant Nick Laflamme, le mandoliniste).

Tout cela sans parler du dernier disque, le bien nommé Scandales & bonne humeur, qui a été réalisé par un Allemand féru de musique techno. Pas mal pour un groupe aux racines… punk!

Avec une telle ouverture d’esprit, on l’aura compris, le côté «Redneck» de la formation est à prendre au second degré. Vient-il d’une volonté de se moquer des Radio X de ce monde? «Oui, c’est totalement sarcastique», confirme le chanteur JP «Le Pad» Tremblay, qui ira passer l’hiver en Irlande.

«Le meilleur rince-cochon pour se remettre d’un lendemain de brosse? Une bonne sangria pour joindre le vitaminé à l’agréable.» – JP Le Pad Tremblay, chanteur et guitariste du Québec Redneck Bluegrass Project

Les pubs irlandais ne perdent rien pour attendre! Ce fan de Bukowski, qui a été influencé par les vieux bands punk, mais aussi, dans une large mesure, par Frank Zappa et bien sûr par les classiques du bluegrass, compte leur faire honneur.

Mais les racines de la joyeuse bande sont résolument punk. «On ne peut pas le cacher, et ça ressort davantage dans le quatrième album que nous sommes en train de créer», confie JP au bout du fil depuis le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Cette «punk attitude» devrait d’ailleurs se refléter sur la scène du Club Soda, où une présentation de leurs pérégrinations asiatiques sera proposée avant le concert. «Ce court métrage, qui sera projeté sur écran géant, a été tourné en Chine en 2011 et il est vraiment très intéressant. Ça se nomme La route de la soif, et on y voit notre quotidien en tournée et en spectacle pendant trois semaines, dont le passage du Nouvel An chinois. Ce film répond à de nombreuses questions que les gens nous posent», s’enthousiasme JP dit Le Pad.

Et ces irréductibles noceurs venus d’Occident ne craignaient-ils pas, dans ce régime communiste réputé pour être expéditif en matière de justice, de se heurter aux autorités locales? «Curieusement, en tant qu’étrangers, on avait un genre de passe-droit. On pouvait faire pas mal ce qu’on voulait. Pendant nos spectacles, ça fumait des bats dans les bars et c’était le gros party.» Mais encore? Personne ne se faisait appréhender? «On a organisé des festivals, des policiers sont venus, on leur a payé une bière, et finalement ils sont restés et ont “trashé” avec nous. On devait cependant signer des papiers pour se porter garants et aller en prison un an ou deux s’il arrivait quelque chose», se souvient celui qui a passé quelques nuits en cellule de dégrisement, un peu comme ça se passe dans l’Ouest canadien, «mais je n’ai jamais fait plus que 24 heures!» Fiou. Comme dirait l’autre, «Hard drinkin’ music for hard drinkin’ folks.»


Québec Redneck Bluegrass
Au Club Soda
Jeudi à 20h30

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!