Simon Duhamel/collaboration spéciale Jean-Nicolas Leupi et Jean-Philippe Bernier forment le duo Le Matos

Des synthés analogiques, de bons beats et juste ce qu’il faut de cheesiness, c’est ce qu’on retrouve sur le nouvel album double du Matos. Le duo de musique électronique montréalais, fan de cinéma des années 1980, croit qu’il a beaucoup évolué depuis ses débuts sur les planchers de danse, en 2007.

«On n’essaie pas de refaire la musique des années 1980, mais c’est imprégné en nous», résume Jean-Philippe Bernier.

Le duo s’est fait découvrir vers la fin des années 2000, après avoir remixé des pièces d’Omnikrom et de Cœur de pirate, notamment. Après deux albums, la formation s’apprête à lancer son plus récent opus, Chronicles of the Wasteland, inspiré de la trame sonore du film Turbo Kid qu’ils ont réalisée dans la dernière année. Et pour être certains de plaire autant aux admirateurs du film (qui a été acclamé dans plusieurs festivals) qu’à leurs propres fans, les deux trentenaires ont choisi de sortir un album double, qui comprendrait l’intégrale de la trame sonore, soit une quarantaine de pistes.

«On écoute beaucoup de musiques de film et, des fois, il y a une frustration en collectionnant les vieux vinyles, par exemple, explique Jean-Philippe Bernier. Tu n’as pas toute la bande originale, c’est souvent juste les chansons pop. Et d’un autre côté, on avait des fois des mélodies ou des trames super bonnes, mais qui durent seulement 30 secondes dans le film. Alors, on a pris neuf morceaux de la trame sonore (plus une intro) et on en a fait des tracks complètes, avec de nouvelles mélodies.»

Un band «cinématographique»
Ce troisième album est donc issu de Turbo Kid, un film post-apocalyptique sorti cet été, une sorte d’ode aux films pour enfants des années 1980 écrit et réalisé par Anouk Whissell, François Simard et Yohann-Karl Whissell. Rien de surprenant, puisque le groupe trouve son origine dans une passion commune pour le cinéma.

Jean-Philippe Bernier et Jean-Nicolas Leupi ont tous deux étudié en cinéma et étaient colocataires lorsqu’ils ont commencé à faire de la musique ensemble. Les deux travaillaient déjà sur des courts métrages du trio de réalisateurs, des amis proches; Jean-Philippe à la caméra et à la direction photo et Jean-Nicolas au montage sonore. C’est d’ailleurs Jean-Philippe Bernier qui a fait la direction photo de Turbo Kid.

Les deux gars ont commencé à jammer en 2007, avec les synthétiseurs analogiques d’un troisième membre du groupe, à l’époque. «Un vrai geek de matos», résume en souriant Jean-Nicolas, qui a toujours été un fan de musique électro.

Jean-Philippe, qui a grandi avec la musique de Vangelis, de Tangerine Dream et de Depeche Mode («mon père faisait de la disco mobile»), a toujours été «obsédé» par cette sonorité de synthétiseurs.

De l’aveu des deux trentenaires, on peut retrouver l’esprit du mythique dessin animé Les mystérieuses cités d’or ou encore de L’histoire sans fin en écoutant la bande sonore de Turbo Kid.

Ils admettent d’ailleurs avoir peu à peu délaissé la sonorité dancefloor qui leur plaisait à leurs débuts pour laisser davantage de place à l’émotion.

«Il y a toujours quelque chose de super émotif dans ce qu’on fait, qu’on le veuille ou non. C’est un peu cheesy, mais c’est dans notre style. Mais ce n’est plus dancefloor, ça c’est sûr.»

Ce dernier opus du Matos s’écouterait peut-être mieux au volant, en hochant la tête au rythme des percussions, que dans un club, donc.

Coups de cœur
Comme le duo électro est reconnu pour sa nostalgie et ses références cinématographiques, Métro a demandé aux gars du Matos quelles étaient leurs trames sonores préférées. Jean-Philippe Bernier en évoque quelques-unes.

  • Les mystérieuses cités d’or (Shuki Lévy, 1984). «C’est celle qui nous connecte le plus.»
  • Surf Nazies Must Die (John McCallum, 1987). «C’est un film super obscur, mais il y a quelque chose dans la bande sonore qui est malade.»
  • The Never Ending Story (Klaus Doldinger et Giorgio Moroder, 1984)
  • Halloween (John Carpenter, 1978)
  • Interstellar (Hans Zimmer, 2014). «Ma bande sonore préférée de l’an dernier. On l’a beaucoup écoutée pour les énergies.»
  • Série noire (Cristobal Tapia De Veer, 2014). «Une bande sonore plus locale, dont personne ne parle… C’est très proche de nous.»

Le Matos Chronicle Of The Waste LandChronicles of the Wasteland
Lancement au Centre phi mercredi à 17h30

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