Jo-Anick Lafrance-Bolduc Le groupe Carotté et son fondateur et guitariste, Médé Langlois (à droite complètement)

Des chansons à répondre et des trashs devant la scène, c’est le genre de spectacle que le groupe Carotté, qui revisite le répertoire traditionnel québécois à la sauce punk, propose pour célébrer le temps des Fêtes. Métro s’est entretenu avec Médé Langlois, le fondateur et guitariste du groupe (il est aussi fermier), qui entame une tournée pour son album Punklore et trashdition.

Vous vous décrivez comme un groupe de «punk-trad». Ce n’est pas très commun, ici…
Non, au Québec, il n’y a pas beaucoup de bands comme nous autres. Il y a Vincent Peake de Groovy Aardvark qui avait fait Boisson d’avril à l’époque (en 1996)… Et c’est lui qui a réalisé notre album. Mais c’est super bien accueilli, autant dans le monde du punk que dans celui du folklore québécois. C’est cool de garder le folklore à l’avant-plan, parce qu’il y a du monde qui joue, dans des fonds de rang, des reels qui n’ont jamais été endisqués! C’est important de garder en vie l’histoire de tout ce patrimoine qu’on a au Québec.

Comment fonctionnez-vous pour l’écriture de vos chansons? Vous partez du folklore?
Oui, ça part toujours d’un reel, et après, on ajoute la sauce punk. Des fois, ce sont des reels originaux, et d’autres fois, ce sont des vieux reels du domaine public. Même chose pour les textes: des fois, on écrit de nouveaux textes, et d’autres fois, on garde les textes de l’époque. Beaucoup d’arrangements sont refaits.

Comment le projet a-t-il commencé?
J’ai une ferme de fruits et légumes et laitière à Neuville (près de Québec); ma famille cultive depuis 1667 la même terre. J’allais à un marché public dans le village de Deschambault pour vendre mes fruits et légumes. Et il y a un groupe qui s’appelait Les Quêteux qui jouait du trad sur une dalle de paille pendant que je vendais mes légumes. Une fin d’après-midi, je me suis assis avec eux, on a roulé un billot et on s’est dit: on se fait-tu un band? Ensuite, je suis allé chercher Gérald Doré et Éric Roberge, qui jouaient dans le groupe punk Éric Panic. On a mélangé le punk et le folklore et ç’a donné Carotté. Un beau party de cuisine! (Rires)!

Et pourquoi le mélange de ces deux genres?
J’ai été élevé dans le traditionnel: dans ma famille, à l’époque, tout le monde jouait de ça! Et après, j’ai fait du punk rock toute ma jeunesse jusqu’à aujourd’hui. Les deux styles, les mentalités, ça se ressemble beaucoup. Les deux se sont bâtis en marge de la société. À l’époque du trad, ce n’était pas bien vu de jouer de la musique, de danser et de prendre un petit verre. La police, c’était les curés. Et le punk a toujours été en marge de la société.

«C’est comme si La Bolduc veillait avec les Sex Pistols!» – Médé Langlois, guitariste et fondateur de Carotté, qui tente de décrire le style du groupe.

La réalisation de Vincent Peake, ça allait de soi?
Ça s’est fait un peu naturellement. On se connaissait depuis plusieurs années, quelques membres du band avec Vincent. À un moment donné, on a fait la première partie de Grimskunk (dans lequel joue Peake) à Saint-Hyacinthe, on a parlé avec Vincent et, en revenant par chez nous, on s’est dit: je pense que c’est notre homme! Et il a dit oui tout de suite. Je pense que ç’a été le match parfait!

Le party doit lever, dans vos spectacles…
Oui, c’est super festif. Le monde s’amuse beaucoup parce que c’est des chansons à répondre, alors c’est très participatif. Le public fait des trashs carrés en prenant de la p’tite bière et en roulant des billots! (Rires)

Travaillez-vous déjà à un deuxième album?
Oui, on a plusieurs morceaux qui sont prêts, mais on n’est pas pressés. On veut faire le tour du Québec, et après, aller en Europe, surtout en France. On a ben le goût d’amener le Québec avec nous autres là-bas, c’est un projet en développement!


Carotté
Au Divan Orange
Le 27 décembre à 20 h 30

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