collaboration spéciale Stephen Dunn, Ryan McKenna, Dominic Goyer et André Turpin

Au 27e Festival du film de Palm Springs, qui laisse une grande place aux œuvres étrangères, 10 longs métrages représentent le Canada. Nous avons discuté avec quatre cinéastes venus dévoiler leur film dans le cadre de cet événement qui mêle septième art indépendant et glamour hollywoodien. Oui, sous le soleil californien, le cinéma d’ici brille, brille, brille.

Le Canada, un monde de talent. C’est le nom de la soirée, dédiée au septième art d’ici, qu’organise à Palm Springs Téléfilm Canada. Cette année, c’est au Hard Rock Hotel que se sont rassemblés producteurs, acteurs, réalisateurs, monteurs. «Hier, j’ai été au party organisé par [biiiiiip!]. C’était teeeeeellement platte! nous a lancé une convive. Mais ÇA, c’est une vraie fête! Il y a de la vie ici!» Voilà. Notre cinéma n’a pas seulement une superbe réputation en dehors des frontières. Il est chouette. Et les gens qui y œuvrent aussi.

Parmi ces chouettes personnes, on a croisé Ryan McKenna. Le sympathique réalisateur manitobain-montréalais était sur place pour présenter son bariolé Cœur de Madame Sabali. Représenter le cinéma canadien, ça le rend fier? «Oh oui! C’est la première fois que Madame Sabali joue aux États-Unis, alors je suis très, très heureux!»

Porté par Marie Brassard qui y arbore des ongles vernis d’une teinte différente dans chaque scène et des tenues éclatées, ce récit atypique explore les thèmes de la famille, de l’amour, de la greffe d’organes. Absolument craquante, la comédie dramatique de Ryan a généré des réactions vraiment variées lors de sa sortie en salle, en décembre dernier. «Je sais qu’il y a des critiques qui ont moins aimé. Surtout des hommes d’âge moyen! Je pense que c’est parce que mon film est trop coloré et qu’il ne donne pas dans le “réalisme suicidaire!”» s’amuse le réalisateur qui, dans le circuit festivalier, fait un tabac avec son drôle d’objet.

Également arrivé à Palm Springs avec une œuvre hors-norme, qu’il présente pour une seconde fois vendredi soir, le renommé réalisateur et directeur photo André Turpin s’est dit… quand même surpris. «Ça m’excite énormément, je suis content d’être là, c’est très cool, a-t-il confié, cool lui aussi. Mais j’avoue que je suis étonné que ce film soit dans ce festival!»

C’est que son Endorphine est une œuvre hypnotisante, qui se ressent plus qu’elle ne se comprend. «Il ne faut pas la recevoir comme un puzzle à décoder!» explique le cinéaste. On y oscille entre le rêve, l’état second, le sentiment de revenir à soi après un évanouissement. «J’ai hâte de voir les réactions, vraiment, confie celui qui a été directeur photo pour Denis Villeneuve, Xavier Dolan et Philippe Falardeau. Mais il semblerait qu’il y a beaucoup de cinéphiles pointus qui vont peut-être pouvoir l’apprécier!»

«C’est un médium si puissant, le cinéma! On peut toujours y trouver une vérité. On peut faire toutes sortes de films. Les miens, je veux qu’ils viennent du cœur. Qu’ils aident les gens à être fiers de ce qu’ils sont.» – Stephen Dunn

Ces «cinéphiles pointus», le Terre-Neuvien Stephen Dunn les a rencontrés lors de la projection de son premier long métrage, Closet Monster. Il dit avoir reçu, honnêtement, un accueil inespéré. Tournée à Saint John’s, d’où le réalisateur de 26 ans est originaire, cette œuvre «fortement personnelle» raconte le parcours d’un garçon élevé par un père homophobe, hanté par des images de violence atroces, qui, peu à peu, apprend à affirmer qui il est. Poétique, juste, sensible, cette histoire est teintée de réalisme magique. On y croise un hamster qui s’exprime avec la voix d’Isabella Rossellini, oui, oui, et le Québécois Aliocha Schneider dans le rôle d’un jeune homme magnétique, follement libre.

S’il précise ne pas avoir voulu faire un «film sur une problématique», Stephen Dunn dit toutefois croire que «le cinéma a une responsabilité.» «Il y a encore beaucoup de violence à l’encontre de la communauté LGBTQ. Si mon film peut aider ne serait-ce qu’une personne, s’il veut dire quelque chose pour UNE personne, alors, j’aurai réussi. Peu importe ce que les autres en pensent.»

Autre cinéaste arrivé en Californie avec un premier long à dévoiler? Le Québécois Dominic Goyer, venu présenter L’origine des espèces en première internationale. Ce soir, son thriller dramatique, avec séquences animées, mettant en vedette Elise Guilbault et David La Haye, est projeté pour une seconde fois. Mais ça fait longtemps que les billets sont partis, salut! «C’est complet depuis deux semaines! s’exclame-t-il, sincèrement ravi. Le public d’ici aime VRAIMENT le cinéma pour aller voir un premier film d’un réalisateur inconnu! C’est juste… merveilleux.»

Grand gaillard «vraiment timide», selon ses dires, Dominic Goyer ne cache pas à quel point il est heureux d’être là. «C’est mon baptême! Je suis comme un enfant! Les grands yeux! Tout excité! Je passe toute la semaine ici, je vais voir des films à gogo! Hier j’ai visité le Parc national de Joshua Tree, oh, c’est beau!»

«J’ai aussi assisté au grand gala avec toutes les vedettes, enchaîne-t-il. Je n’ai aucune notion des tapis rouges. J’ai presque fait une scène pour ne PAS passer dessus. Je ne voulais pas affronter les Kodaks, les journalistes… Je ne fais vraiment pas ça pour ça.»

Juste pour l’amour du cinéma.

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