collaboration spéciale Jean-François Gingras (batterie), Mathieu Rancourt (contrebasse) et Sylvain St-Onge (guitare) forment le groupe 5 for Trio.

Entre jazz moderne et rock progressif, les trois membres de 5 for Trio tanguent sur un fil très tendu qui oscille aussi entre urgence et contemplation. Entretien avec le contrebassiste Mathieu Rancourt.

5 for Trio, c’est une nouvelle arithmétique?
C’est un jeu de mots. Au début, notre trio reprenait des standards du jazz que nous jouions sur une mesure à cinq temps, appelée le 5/4, contrairement à l’habituelle 4/4. Cela peut donc étirer la mélodie sans nécessairement la ralentir ni l’accélérer. L’idée était aussi de souligner que nous ne faisons pas exactement ce à quoi les gens peuvent s’attendre (…).

Votre communiqué de presse mentionne que vous voulez «donner une nouvelle saveur au jazz». En manquait-il?
Non, non! Nous écoutons beaucoup de jazz, mais pas nécessairement le même que celui du grand public. Ce que nous proposons existe déjà, cependant ce genre nous semble encore méconnu, et nous souhaitons remédier à cette situation. Vous savez, notre public est largement constitué d’amateurs de musique progressive. Il compte évidemment des jazzophiles, mais aussi des fans de… métal!

Quelles sont vos références en jazz et en prog?
Côté jazz, il y a le jeune et très prolifique Tigran Hamasyan. Nous aimons aussi beaucoup le Neil Cowley Trio (dont le leader est un pianiste anglais), ainsi que le guitariste israélien Gilad Hekselman. Pour le rock progressif, je suis un méga fan du groupe britannique Gentle Giant. J’aime aussi les Ontariens de Rush et le groupe de métal progressif Between the Buried and Me (BTBAM), de la Caroline du Nord, sans oublier… Bob Marley et la musique classique!

Pourquoi votre album est-il intitulé Garder la tension?
Pour écouter l’album physique, nous demandons aux gens de maintenir leur attention durant 48 minutes et 26 secondes, tout en sachant très bien que tout ce qui nous entoure – le téléphone, l’internet, les réseaux sociaux, etc. – nous sollicite en permanence. De nos jours, il est difficile de ne faire qu’une chose à la fois pendant presque une heure. Nous le savons, nous sommes pareils! Mais ça ne nous a pas empêchés d’insérer, tout au long du CD, des éléments pour que les gens restent concentrés. C’est un peu une requête, finalement.

«Nous interagissons beaucoup avec le public. Nous situons les pièces dans leur contexte et leur thématique. C’est vraiment un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs de jazz moderne et de rock progressif.» – Mathieu Rancourt, contrebassiste

Vos titres évoquent souvent des thèmes…
Oui. Par exemple, dans La légende du chasse-neige, nous pensions aux opérations de déneigement urbain: gyrophares, bruits, klaxons de recul, autos ensevelies et remorquées… À partir de ça, nous avons imaginé une machine qui dévorait les voitures la nuit.

Les captations clandestines et leurs accents world et arabisants sont vraiment excellentes…
Pour nous, ça représente quelqu’un qui, chez lui, cherche des stations sur une radio en tentant d’intercepter des ondes nocturnes. C’est pour ça qu’on y entend des langues étrangères.

Si cet album était un film ou un univers cinématographique, duquel s’agirait-il?
Pour notre album précédent, je dirais Dead Poets Society. Là, nous arrivons avec un album beaucoup plus industriel, quasiment steampunk, avec ses bruits, ses machines, sa saleté et son monsieur imaginaire qui répare une horloge. Avec tout ça, je dirais un film comme Micmacs à tire-larigot, de Jean-Pierre Jeunet (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain).


5 for Trio
Au Upstairs jeudi à 20h, à 21h15 et à 22h30

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