Josie Desmarais/Métro «On n’a rien à perdre, crois-moi, dit en riant Frédéric Levac (en haut de Jean-Philippe Levac et Marc-André Labelle sur la photo). On est rendus en 2016 et j’ai 23 ans. Je n’ai pas envie de me réveiller à 45 ans en me disant: “Ah, j’aurais donc dû!” Avec moi, c’est tout ou rien. Je suis prêt à tout pour la musique et je me fous du reste. Et tous les trois, on partage la même philosophie.»

Rock planant et organique, textes impressionnistes: les jeunes fauves de la formation Pandaléon proposent Atone, un premier album pas piqué des vers.

Les trois Franco-Ontariens de la formation Pandaléon – un nom inventé –, dont deux frères, sont de véritables geeks de la musique et des textures sonores. Comme la plupart des artistes, ils tiennent à se démarquer, et c’est avec une certaine moue de lassitude que le chanteur et claviériste Frédéric Levac conviendra que, oui, Karkwa fait partie de leurs références. Tout comme Radiohead d’ailleurs, et bien d’autres. Des groupes qui, on s’en doute, ont aussi influencé Karkwa. Formation qui est représentée par la même étiquette (Audiogram) que Pandaléon. D’où, notamment, les rapprochements. «Mais Isabelle Boulay aussi est avec cette étiquette», rigole Frédéric.

Alors, c’est quoi, Pandaléon? «C’est un band de rock qui fait de la musique pour le fun. On ne fait aucun compromis et on adore jouer ensemble», lance Frédéric. Le guitariste Marc-André Labelle précise: «Prends la pièce-titre, Atone. Le son est très forgé. Personnellement, lorsque j’écoute l’album, je ne perçois aucune influence de Karkwa. Je dirais que les influences sont davantage “grunge”: plus brutes et moins léchées», avance-t-il au sujet d’Atone. Un disque enregistré dans une ancienne école secondaire désaffectée, dont le contenu distille une certaine nostalgie de l’adolescence.

Un peu à l’image d’un «album concept», comme on le disait à une certaine époque. «Je ne veux pas l’appeler comme ça, mais c’est vrai qu’il y a un concept derrière le projet. On l’a fait dans une école, d’une part parce que ça cadrait bien avec la thématique des pièces et d’autre part parce qu’on est des tripeux d’enregistrement, de studio, de son, de microphones, etc. C’est d’ailleurs pour ça qu’on fait tout nous-mêmes, de A à Z, et qu’on n’embauche personne dans le processus de création», précise Frédéric. Il mentionnera d’ailleurs que leur technicien de son (et assistant au mixage) Nicolas Séguin a aussi été séquestré pendant quelques semaines de «studio».

«Il y a beaucoup de synthétiseur. Bien qu’on n’ait pas de bassiste, il y a énormément de basses fréquences dans notre show. On trippe sur tout ce qui est gras: les tons des batteries et ceux des guitares sont très lourds. Et le tout est arrangé pour que ça sonne ainsi à trois.» – Frédéric Levac, chanteur et claviériste de Pandaléon

 

À propos de la création, on serait porté à croire que le choix de la langue fut un élément de réflexion, ne serait-ce que du point de vue pragmatique: «On a grandi en français. On a écouté la télévision en français, et il n’y a aucune différence entre moi et quelqu’un qui vit à Rigaud», avance Jean-Philippe Levac, le plus discret des trois membres du groupe, tandis que son comparse Marc-André soutient qu’en tant que francophones en Ontario, ils sont avantagés sur le plan de l’aide à la création en raison du nombre de musiciens qui chantent en français. Le Pandaléon, cette bête musicale tricéphale et rebelle, sera en tournée dès le mois de mars.


Pandaléon AtoneAtone
En magasin dès vendredi
Lancement mardi à 18h à la Cinémathèque québécoise

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