TVA Films Benicio del Toro, dans A Perfect Day

L’acteur oscarisé Benicio del Toro parle de son rôle de travailleur humanitaire dans A Perfect Day.

Benicio del Toro n’a pas l’habitude d’être le «gentil». Même quand les personnages qu’il joue font le bien, comme celui de Traffic, de Steven Soderbergh, qui lui a valu un Oscar, ses rôles ont toujours une part d’ombre et de complexité. Dans A Perfect Day (Un jour comme les autres, en version française), il joue quelqu’un que tous considéreraient comme un saint : un travailleur humanitaire qui œuvre dans les Balkans, au milieu des années 1990. Mais son personnage est un peu cynique, las, enclin à duper les autres, même quand il vient en aide à un petit village dont le problème est simple à régler, en apparence – un cadavre a été jeté dans le puits et pollue l’eau –, mais est rendu difficile par la bureaucratie… et l’absence de corde pour repêcher le mort. Métro a parlé à l’acteur.

Votre personnage de A Perfect Day n’est pas un être parfait. Il a des défauts, il peut être cynique et manipulateur.
C’était difficile de trouver cet équilibre entre la réalité de ces situations et l’humour, sans trop verser d’un côté ou de l’autre. Mon personnage marche sur cette ligne.

Il est aussi travailleur humanitaire. Or, on a tendance à voir les gens qui font ce travail comme des saints.
Mais aider les autres, ça peut être stressant…
J’ai rencontré quelques travailleurs humanitaires et des gens de Médecins sans frontières, et quand ils vous racontent une histoire, ils aiment rigoler. Ils ont le sens de l’humour, c’est presque un mécanisme de défense pour composer avec les aspects plus difficiles de leur travail. Ils sont comme n’importe qui serait dans une situation où on doit sauver des vies, parce que s’ils se plantent, des gens pourraient mourir. Ça serait stressant pour n’importe qui.

«Il n’y a pas un être humain qui soit parfait ou d’une seule couleur. C’est comme ça que je vois le monde.» -Benicio del Toro, acteur

Le fait que le personnage n’est pas unidimensionnel rendait-il le rôle plus intéressant pour vous?
J’ai essayé d’en faire un être humain. Il n’y a pas un être humain qui soit parfait ou d’une seule couleur. C’est comme ça que je vois le monde. Tout le monde a déjà menti, été égoïste. Tout dépend de jusqu’où on va là-dedans. Je crois qu’il a tous ces éléments en lui, comme nous tous. On peut rendre un personnage humain même quand il fait des bonnes actions. Même les bonnes personnes mentent ou prennent des raccourcis pour avoir ce qu’elles veulent.

De l’autre côté du spectre, on a Pablo Escobar, que vous avez joué dans Paradise Lost. Un personnage dont vous avez trouvé l’humanité.
C’est un peu différent, parce que c’est une personne qui a vraiment existé et dont l’existence a été documentée. On sait donc qu’il était très proche de sa famille. Et c’est bizarre. C’est un gars qui a tué des familles partout dans le monde, et pourtant, c’est un gars de famille. Et c’est un fait, l’image de lui assis au pied de l’arbre de Noël avec ses proches en dit long. On peut donc le voir tuer quelqu’un, puis jouer aux poupées avec sa fille…

A Perfect Day
En salle vendredi

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