Cette semaine, on craque pour… Demolition, Andrew Bird à Montréal, Sèxe Illégal, Rouge Pompier, L’arbre du pays Toraja, Saufs et Le retour de Mon ex à moi.

1. Demolition
Un courtier de Wall Street perd sa femme dans un accident d’automobile. Et… il ne ressent rien. Strictement rien. Sa seule émotion : la déception générée lorsque le paquet de chocolats qu’il prévoyait déguster reste coincé dans la machine distributrice de l’hôpital où on lui annonce que son épouse n’est plus. Être plutôt froid, à l’horaire réglé au quart de tour mais aux réactions sociales décalées, l’homme tentera, à l’aide d’un marteau, d’outils variés et de plusieurs séances de Démolition d’arriver à pleurer les larmes qu’il ne pleure pas, de sentir la douleur qu’il ne ressent pas. Si les dialogues de Bryan Sipe sonnent par moments très écrits, on reconnaît ici la griffe de Jean-Marc Vallée, sa sensibilité immense et son œil qui sait capter les drames humains les plus grands et les plus violents, comme les instants les plus subtils et les plus doux du quotidien. Son film, parsemé de moments tristes, comiques et lumineux, est traversé par le deuil, l’amour, la trahison, et une féroce pulsion de vie. Présentement à l’affiche. (Natalia Wysocka)

2. Andrew Bird à Montréal
Toujours une bonne nouvelle quand Andrew Bird débarque à Montréal – il sera au Théâtre Corona lundi –, surtout quand il emmène avec lui du nouveau matériel qui nous réjouit autant que Are You Serious?, album de pièces originales aux textes plus personnels qu’à l’habitude, au son plus pop que folk mais qui garde la signature qui a su nous séduire depuis qu’on a découvert Andrew Bird & the Mysterious Production of Eggs en 2005. On a hâte de voir comment cet habile siffloteur transposera ses mélodies toujours accrocheuses sur scène! Andrew Bird au Théâtre Corona lundi 20 h. (Jessica Émond-Ferrat)

3. Sèxe Illégal
L’autoproclamé légendaire duo musical Sèxe Illégal, composé de Paul Sèxe et Tony Légal, «deux artistes aussi contemporains qu’intemporels», était en feu hier au Théâtre Saint-Denis lors de son two-men show Vivre! Sarcastiques à souhait, les deux artistes ont offert aux amateurs du genre un peu trash une succession de chansons aux paroles hilarantes et d’intermèdes loufoques remplis de quiproquos linguistiques. Du bonbon! (Rachelle McDuff)

4. Rouge Pompier
Toujours aussi cabotins, les gars de Rouge Pompier. Ben quoi? Ils ont nommé leur deuxième album Chevy Chase (digne suite à Kevin Bacon) et y ont inclus une toune s’intitulant Red Hot Chili Pompier (un beau collant scratch and sniff pour le jeu de mots). Mais le plus récent effort du duo ne se démarque pas uniquement par ses drôleries. La vedette? Le punk-rock rentre-dedans. La guitare est grasse, la batterie est su’a coche et la voix est parfaite pour le genre. Même la brève incursion dans un univers plus pop (Perds pas ton temps) est réussie. (Mathieu Horth Gagné)

5. L’arbre du pays Toraja
Il y a des écrivains chez qui on sent la volonté d’écrire «de belles phrases». Et il y a ceux à l’écriture si précise qu’elle nous donne envie de relire chaque page deux fois : aucun mot ne manque ni n’est de trop. Philippe Claudel est de ceux-là, comme en témoigne son plus récent roman, L’arbre du pays Toraja. L’auteur et réalisateur français y aborde un vaste sujet, la mort et le rapport à celle-ci qu’ont les vivants, par le truchement du décès de l’ami du narrateur et de sa rencontre avec une jeune femme, dans un récit qui n’a rien de linéaire et, surtout, qui n’est en rien déprimant. Aux Éditions Stock. (Jessica Émond-Ferrat)

6. Saufs
Dans ce singulier roman signé Fannie Loiselle, on vogue entre le stationnement démesuré du Dix30, une maison de Brossard qui croule sous les boîtes jamais déballées, un complexe aux accents cauchemardesques de Playa del Carmen, la crémerie rose en forme de château du métro Crémazie. Aussi présents : un demi-frère disparu, de «brutales séances de magasinage», une demoiselle zombie, des quiz, une insomnie contagieuse, des scénarios de séries jeunesse où des animaux vivent des trucs intenses. Concoctant des ambiances étranges teintées de touches d’horreur et de suspense, l’auteure nous aspire dans un univers où l’ordinaire est si douloureusement ordinaire qu’il en devient iréel. Ensorcelante lecture. Aux Éditions Marchand de feuilles. (Natalia Wysocka)

7. Le retour de Mon ex à moi
Dès mercredi à 21h sur les ondes de Séries+, la sympathique névrosée Amélie (Sophie Desmarais, dans un rôle qu’elle incarne à la perfection) sera de retour pour 16 épisodes de 30 minutes (dont deux seront diffusés consécutivement chaque semaine). On reprend la comédie au retour d’Amélie de Toronto, alors qu’elle décide d’entreprendre une cure sans hommes et sans alcool et que c’est maintenant son ex François (Jean-François Nadeau) qui cherche à la reconquérir. Dès les premiers épisodes, qu’on a pu visionner, on retrouve avec plaisir les personnages colorés, les situations cocasses, l’humour plein de fraîcheur. Un excellent divertissement printanier. Sur Séries+ dès mercredi à 21h. (Jessica Émond-Ferrat)

On se désole pour…

La peur phobique des divulgâcheurs
On entend souvent la complainte «il n’y a plus de place pour la culture dans les médias». Mais il serait intéressant d’évaluer quelle proportion de ce «peu de place» est perdu à écrire, prévenir ou hurler les mots «punch!», «divulgâcheur!» ou «spoiler!» Une estimation qui n’a rien de scientifique nous pousse à avancer que 75,87% des mentions d’œuvres artistiques comportent un de ces termes ou la phrase «il ne faut pas trop en révéler». Serait-il possible de parler de cinéma / de littérature / de télé sans crier au meurtre sitôt que quelqu’un mentionne un événement qui survient à la 16e minute / au chapitre 4 / à l’épisode 3? Un film n’est pas qu’un scénario, un roman n’est pas qu’une histoire, une série n’est pas qu’une chute. Si oui, peut-être, en effet, mieux vaut ne pas trop en parler. (Natalia Wysocka)

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