Caroline Desilets/Collaboration spéciale C’est en s’appuyant sur une réflexion au sujet de leurs erreurs du passé que les gars de Plants & Animals ont conçu leur quatrième album.

Non, le groupe Plants & Animals ne s’est pas séparé. Si plusieurs se demandaient ce qui se passait avec la formation indie-folk montréalaise, c’est que le trio a mis quatre ans, plutôt que deux, à sortir un nouvel album.

«On a décidé de prendre notre temps. La raison principale, c’était vraiment de se mettre des conditions pour se réinventer un peu, retourner à la case départ. Un disque plus proche de nous, de ce qu’on est comme groupe. Personne n’attendait cet album-là», explique Nicolas Basque.

De plus, pendant cette pause, les membres ont pris le temps de fonder des familles. Raison de plus pour tarder à sortir cet opus, qui est teinté de leur nouvelle vie de papa. «Si on est encore là et qu’on a des enfants, c’est que c’est réellement notre passion, réellement ce qu’on a envie de faire. Ce n’est pas une quête de succès, mais un processus pour trouver la meilleure musique possible. Les enfants sont comme ça : ils cherchent toujours de nouvelles façons de jouer», résume Nicolas, qui se dit aussi influencé par le style de musique qu’écoute son plus vieux. Et Matthew «Woody» Woodley d’ajouter qu’être père, «ça ouvre le cœur… et ça nous fait travailler plus tôt!»

Du travail, il y en a beaucoup derrière Waltzed in from the Rumbling, un album chaleureux qui est probablement le meilleur de la discographie du groupe. Différent du tout au tout, cet album «a une certaine profondeur qui est volontairement mise de l’avant». À les entendre parler, cet opus est non seulement leur meilleur, mais aussi leur plus achevé.

Woody explique qu’il n’y a pas une chanson qu’ils aiment plus que l’autre, que l’album se consomme comme un tout. «Sur nos anciens albums, j’avais vraiment mes chansons préférées. Mais là, je les aime toutes. Avant, j’avais toujours l’impression qu’on aurait pu en faire plus.»

C’est donc en s’appuyant sur une réflexion au sujet de leurs erreurs du passé que les gars de Plants & Animals sont partis pour construire cet album, explique Warren Spicer : «Des fois, il faut prendre des détours pour mieux apprendre. Et pour nous, le détour, c’était de revenir un peu à nos débuts.»

«Cet album a été fait par une famille, pas par un band qui fait un disque pour vendre.» -Warren Spicer, guitariste et chanteur

Entre autres leçons apprises, les membres du groupe se disent maintenant moins protecteur de leur instrument et acceptent mieux les idées des autres. Nicolas est d’ailleurs catégorique sur le sujet : «Il n’y a pas d’ego. Notre processus créatif, c’est que tout le monde apporte des idées, sans jugement.» Et de toute façon, les idées ne diffèrent pas souvent. Suffit de les voir répondre en même temps de la même façon aux questions; on sent bien que les gars ont la même vision des choses.

D’ailleurs, le trio, qui joue ensemble depuis des années, attribue son succès de longue durée au respect mutuel que ses membres se portent. «Dans le monde des bands, on est dans une situation privilégiée. On est une famille. On vit nos vies ensemble», déclare Warren, très sincèrement.

Plants & Animals sera de passage à Montréal au Corona le 15 octobre. Si certains fans remettaient en question l’amour du groupe envers sa ville natale parce qu’elle arrive loin dans la liste de spectacles, les gars tiennent à les rassurer. «Mont­réal, c’est une ville vraiment importante pour nous. Les gens pensent qu’on a oublié Montréal, mais c’est le contraire. On veut tellement que ce soit bon pour Montréal qu’on préfère venir à la toute fin, quand on sera à notre mieux.»

Art Plants and Animals CDWaltzed in from the Rumbling
En vente vendredi

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