Kate Hudson et Sarah Chalke dans Mother's Day de Garry Marshall.

Étoiles: **

Après «La veille du Nouvel An» et «La Saint-Valentin», le réalisateur Garry Marshall récidive à nouveau avec un film choral où on suit plusieurs personnages dont l’histoire culmine le jour de ladite fête.

«La fête des Mères» présente le quotidien de six femmes et un veuf qui vivront à leur manière cette journée dans l’année où le monde célèbre les vertus de l’utérus (deux personnages en ont même fait un char allégorique). Le thème de la mère y est exploité sous toutes ses coutures, peut-être un peu trop, ce qui donne un film rapiécé.

À l’image des longs-métrages prédécesseurs, le nouveau-né du réalisateur à la longue liste est une juxtaposition d’histoires rocambolesques, amoureuses ou familiales, qui se règlent comme par magie après 1h58.

Bien que le montage rapide fasse passer ce temps avec une certaine facilité, on ne pourrait pas en dire autant du scénario qu’on pourrait croire tout droit sorti des voûtes de Disney!

Histoires croisées
On suit donc avec entrain la vie glamour de Miranda (Julia Roberts) pour qui tout lui réussit. La vedette du petit écran qui a choisi la carrière au lieu de la famille porte sur ses épaules le stéréotype de la femme d’affaires au cœur attristé de ne pas connaître les joies de la matrice.

On ne peut pas en dire autant pour Jesse (Kate Hudson) qui a choisi la vie de famille au détriment de la bonne entente avec sa propre mère qui n’est pas en accord avec son couple interracial (Aasif Mandvi).

Même chose pour sa sœur Gabi (Sarah Chalke), qui cache son couple homosexuel à sa mère et son père. L’histoire prendra une nouvelle tournure lorsque le couple du Texas débarquera dans le patelin des deux sœurs.

Puis il y a la belle Sandy (Jennifer Aniston) qui incarne la mère monoparentale qui a encore des sentiments pour Henry (Timothy Olyphant), le père de ses deux garçons. Elle devra composer avec sa nouvelle flamme, une jeune mannequin qui a tout pour elle et qui se pose alors comme la belle-mère. Tina (Shay Mitchell) porte alors le costume de la vilaine belle-mère qui prend une partie de la place de la mère dans le cœur et la vie des enfants. Aura-t-elle le droit elle aussi d’avoir un cadeau à la fête des Mères? Suspense.

Viennent se greffer à l’histoire Kristen (Britt Robertson), une jeune mère qui refuse de se marier avant de renouer avec sa mère biologique, et Bradley (Jason Sudeikis), un veuf père de deux enfants pour qui la fête des Mères ressasse de douloureux souvenirs.

Épuisant
Vous êtes perdus? Ça se peut! Les personnes se mêlent et s’entremêlent dans cet éloge à la beauté d’être mère. On se croirait un matin d’école entre le déjeuner, les devoirs et le brossage de dents. On en sort un peu essoufflé!

On comprend le principe que plus il y a de mères, plus les têtes d’affiche s’additionnent (donc les profits). On aurait peut-être mieux fait de développer davantage des réalités intéressantes sélectionnées au volet, comme celle du veuf.

Car pour avoir perdu ma mère, il est vrai que cette journée rouvre une cicatrice qu’on tente tant bien que mal de colmater tout au long de l’année.

Même chose pour la jeune fille adoptée qui cherche la sienne. Le sentiment de rejet et d’abandon qu’elle évoque brièvement aurait gagné à être expliqué.

Malheureusement, on court en surface sur tout cet éventail de réalités, et ça ne donne que des histoires et des personnages de surface. On a donc droit pour une énième fois au cliché de la belle-mère vu par les yeux d’une mère qui a l’impression de perdre une partie de ses enfants, et de ses deux sœurs qui ont choisi de couper les ponts avec leur mère pour respecter leurs propres convictions.

«La fête des Mères» est évidemment à déconseiller à toutes ces femmes qui n’ont pas d’enfants. Vous ressortirez avec cette étrange impression d’avoir manqué votre vie et de faire partie d’une race marginale qui n’a aucune journée à son nom!

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