TVA films Fils d’une junkie, Malony (Rod Paradot) a sombré dans la délinquance à l’adolescence. Un éducateur et une juge pour enfants proche de la retraite mettront tout en œuvre pour l’aider à s’en sortir.

Emmanuelle Bercot raconte La tête haute, projet de longue haleine centré sur un ado délinquant incarné par la révélation Rod Paradot.

Après Polisse dont vous étiez coscénariste avec Maïwenn, la jeunesse en danger est au cœur de votre nouveau film. Pourquoi cette thématique vous fascine-t-elle tant?
La tête haute vient de loin, de l’enfance. J’ai un oncle éducateur et, à huit ou neuf ans, je me suis retrouvée dans un camp avec des délinquants. C’était la première fois que je voyais des gamins aussi fracassés, et j’ai réalisé à quel point on n’était pas égaux devant l’éducation qu’on recevait. En tant que petite fille bien élevée, j’étais aussi fascinée par ces gamins rebelles et insolents.

Art La tête haute Emmanuelle BercotVous avez filmé dans un vrai centre?
Oui, mais avec des acteurs. Il est interdit de filmer les mineurs délinquants pour respecter le droit à l’oubli, en vue d’une réinsertion.

Vous avez commencé à travailler sur ce film il y a plusieurs années déjà…
J’ai fait un gros travail d’enquête. C’est mon scénario le plus abouti à ce jour. J’ai passé du temps avec des éducateurs, dans les centres, et j’ai passé des semaines à observer des audiences avec les familles et les enfants.

Vous faire accepter a-t-il été difficile?
Pas du tout. Même Catherine Deneuve a fait un stage au tribunal et sa notoriété n’a posé aucun problème. Lors de ces échanges qui sont très forts, les gens ne font attention à rien d’autre qu’au juge.

Pourquoi avoir pris un débutant pour le premier rôle?
Les gamins que j’aurais trouvés dans les agences ne seraient pas venus du milieu social que je souhaitais. Je voulais de l’authentique. Et, même si Rod Paradot ne parle pas avec l’accent de «banlieue», il a un phrasé particulier qui le rend crédible d’emblée. Il avait aussi cette jeunesse dans le visage qui lui permet d’incarner Malony à 14 et 18 ans.

Gens de l’ombre

Film d’ouverture du festival de Cannes en 2015, La tête haute avait été qualifié de choix audacieux par plusieurs. «Audacieux, je ne sais pas. Insolite, sûrement, précise Emmanuelle Bercot. Mais je suis très fière que les gens de l’ombre auxquels le film tente de rendre hommage soient mis en lumière de façon aussi immense. Ils font un boulot essentiel que ni vous ni moi n’aurions la patience, l’opiniâtreté et le cran de faire. Il y a un discours politique assez fréquent sur le soi-disant laxisme de la justice des mineurs. Pour avoir passé du temps avec eux, je peux vous dire que c’est loin de la vérité.»

La tête haute
En salle dès vendredi

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