Victor Tonelli/ArtComArt Patrick Timsit (le Juif Max Eisenstein) et Thierry Lhermitte (l’Allemand Martin Schulze) dans Inconnu à cette adresse

Les acteurs français Thierry Lhermitte et Patrick Timsit sont en visite à Montréal pour y présenter Inconnu à cette adresse, pièce de théâtre adaptée du court roman du même nom de l’auteure américaine Kathrine Kressmann Taylor.

Un roman construit sous la forme d’une correspondance. L’adaptation était difficile à imaginer – comment, sur scène, cet échange de lettres pourrait-il réussir à capter l’intérêt? Réponse : grâce au très grand talent des deux comédiens qui interprètent un texte aux échos très actuels.

Présentée par le Théâtre du Nouveau Monde et Juste pour rire Spectacles, cette pièce d’une heure et quart sans aucun temps mort, mise en scène par Delphine de Malherbe, montre tour à tour les deux personnages, amis de toujours et propriétaires d’une galerie d’art, désormais séparés par l’océan Atlantique, alors qu’ils correspondent. D’un côté, en Amérique, on a Max Eisenstein (Patrick Timsit), Juif américain, et de l’autre, Martin Schulze (Thierry Lhermitte), un Allemand tout juste rentré dans son pays d’origine avec sa femme et ses enfants. Nous sommes en 1932, en pleine montée du nazisme. Leur correspondance, empreinte d’amitié au départ, est bientôt entachée par l’irrésistible attrait qu’éprouve Martin pour ce «sauveur de l’Allemagne» qu’il voit en Hitler. Max tient bon, espérant que son ami pourra venir en aide à sa sœur (et ex-maîtresse de Martin), une comédienne partie en tournée en Allemagne malgré ses origines juives…

Si vous ne connaissez pas le dénouement de l’histoire, on ne vous le divulgâchera pas: il suffit de dire que comme à la lecture du roman, on passe par toute une gamme d’émotions, notamment grâce au jeu magistral et tout en retenue de Patrick Timsit et à celui, qui passe du chaleureux au glacial de manière épatante, de Thierry Lhermitte. Le texte, parsemé de touches d’humour qui rendent moins difficile à supporter le terrible duel épistolaire auquel se livrent les anciens amis, nous touche particulièrement par sa manière très humaine de décrire le magnétisme qu’exerce le fanatisme, et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec ce qui se passe actuellement chez nos voisins du Sud.

Inconnu à cet adresse
Au TNM jusqu’au 26 juin

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