Pendant le Festival de jazz, le bar Upstairs propose une série de concerts toute spéciale. Dans ce club d’une soixantaine de places, renommé sur la scène mondiale, le propriétaire Joel Giberovitch convie de grands artistes à jouer dans un cadre feutré magique. La règle qu’il a suivie pour élaborer la prog des 11 jours à venir? «Avoir de la musique extraordinaire. Chaque soir. Faire en sorte que les gens se disent: “WOW! Quel show!”»

Le maître des lieux

Art Upstairs Joel Giberovitch 2 crédit Chantal Lévesque
Photo: Chantal Levesque/Métro

Dans son club de la rue Mackay, Joel Giberovitch a vu passer les plus grands noms du jazz. Il a également vu un tas de couples se retrouver pour un rendez-vous galant. («C’est un bon endroit! Si vous n’avez rien à vous dire, vous pouvez juste écouter la musique, fixer la scène, et c’est parfait!») Certains restent ensemble. Se marient. Font des bébés. («Ça me rend heureux de recevoir des femmes qui sont enceintes, parce que ça veut dire que leurs enfants vont aimer le jazz!») Mais dernièrement, Joel a réalisé qu’il ne devrait peut-être pas mentionner ces réussites qui lui font chaud au cœur à tout le monde. En effet, à des clients qui venaient de lui apprendre que c’était leur «première date», le chaleureux restaurateur a lancé, ravi : «Ah! Ça arrive souvent! Et il y en a plein qui finissent par fonder une famille!» «Ils étaient tellement mal à l’aise! s’esclaffe-t-il. J’ai fait oh! C’est trop de pression pour une première rencontre!»

Parlant des succès qui reflètent la classe et le cachet de son établissement, en novembre dernier, le Upstairs a célébré son 20e anniversaire. Pour l’occasion, Joel s’est offert, et a offert du même coup aux musiciens qui viennent jouer dans son antre, un sublime cadeau. Un Steinway B. «C’est mon piano préféré depuis toujours, mais je n’aurais jamais pensé que je serais un jour capable de l’acheter», confie le propriétaire et incidemment soundman du club. Mais les rêves finissent parfois par se réaliser.

Pour choisir l’instrument tant espéré, Joel a mandaté le pianiste américain Fred Hersch. «La dernière fois que Fred a joué ici, il m’a dit : “Joel, votre piano, il est bon, mais je ne peux pas faire sur lui tout ce qui est dans ma tête. Avec un Steinway, je pourrais.”» La pièce maîtresse élue, âgée de quelques années, «pareille à celle qu’ils ont à New York au Village Vanguard, au Blue Note ou au Smalls», note Joel avec un sourire, a été trois fois sanctifiée. «Ce piano a tourné avec Paul Simon. Avec Rufus Wainwright. Et il a été utilisé pendant une saison au Festival de jazz de La Nouvelle-Orléans. Vous imaginez?»

Jean-Michel Pilc, mercredi et jeudi

Art Upstairs Jean-Michel Pilc

Comme le veut la tradition, Joel Giberovitch a monté sa «série spéciale Festival de jazz» avec son consultant à la prog Simon Fauteux, relationniste de longue date du Upstairs. Et les complices lancent les festivités avec un «bang». À savoir Jean-Michel Pilc, dont la mention même fait briller leurs yeux de mélomanes.

Le réputé pianiste jouera deux soirs. Mercredi, il le fera avec son groupe, Total Madness, duquel font partie les saxophonistes Jacques Schwarz-Bart et Joel Frahm («un de mes musiciens préférés du moment», dit Joel G.), le contrebassiste François Moutin et le batteur Ari Hoenig. «Ça, pour moi, c’est du vrai jazz. Du jazz in your face! Quand j’ai entendu ça, j’ai dit je dois les booker. Je capote. Leur nom les décrit totalement!» s’exclame-t-il avant d’ajouter que «Pilc enseigne à McGill maintenant». «On est très chanceux de l’avoir à Montréal. Il a un niveau incroyable!»

Dr. Lonnie Smith, les 4 et 5 juillet

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Joel se réjouit de la venue de ce musicien septuagénaire, véritable personnage. «Lui, c’est Monsieur Funk!» s’exclame-t-il. Le seigneur de l’orgue Hammond B3, qui est déjà passé au Upstairs, sera accompagné par le guitariste Jonathan Kreisberg et le batteur Jo Dyson. À ceux qui diraient «oui, mais l’orgue n’est pas mon instrument favori», le programmateur répond : «Il est tellement content de jouer, il est charmant et il adore ça! C’est impossible de ne pas sourire! C’est contagieux!»

«Il est tout petit, il est tout le temps habillé avec des chemises de couleur, des bracelets, des bagues, et quand il joue, il est hyper expressif, remarque Simon Fauteux. Il trippe, il passe des commentaires, il s’arrête pour faire “HA! HAHAHA!” Il donne un show fantastique. Ça groove. C’est l’enfer!»

Roy Hargrove, les 6 et 7 juillet

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Joel confie d’emblée : «Je n’étais pas sûr qu’il allait dire oui. C’était un long shot», comme on dit. C’est que, comme rappelle Simon Fauteux, le trompettiste de 46 ans est un «gars qui a joué avec tout le monde. «Il a joué avec Prince. Et. Tout. Le. Monde! C’est un événement!»

Le propriétaire fait la démonstration de ces dires en nous montrant «sa bible des 11 prochains jours». Lire : son cahier de réservations, un vrai, avec du papier, des noms et des numéros de téléphone de futurs spectateurs écrits à la main. «Regardez, pour Roy Hargrove : premier spectacle, complet, deuxième, complet. Premier spectacle jeudi, complet. Deuxième, complet. Minuit… Il me reste deux places!» Pas surprenant que l’excitation soit telle. «Roy n’oublie jamais le facteur divertissement. Il a une cravate, il est toujours bien habillé, il est habité par l’esprit de La Nouvelle-Orléans, et il donne tout un spectacle!»

Upstairs – programmation spéciale Jazz
Réservations: 514 931-6808

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