Les films Séville Daniel Radcliffe et Paul Dano, les vedettes de Swiss Army Man

Les créateurs de l’un des films les plus étranges du dernier Festival de Sundance disent que leur Swiss Army Man est à la fois une blague et un projet complètement sérieux.

Il y a une chose qu’il faut savoir à propos des «Daniel» – Daniel Kwan et Daniel Scheinert, scénaristes et réalisateurs de Swiss Army Man, ce fameux film du Festival de Sundance dans lequel un autre Daniel (Radcliffe) joue un cadavre qui pète et a une grosse érection qui peut servir de boussole: «Nous ne sommes pas des amateurs de blagues de pets et nous ne trouvons pas les érections comiques, précise Kwan. Le fait d’avoir fait un film sur les pets et les érections alors que nous ne les aimons pas particulièrement, c’était comme une thérapie étrange.» (Notons qu’ils n’aiment pas non plus la musique a capella – donc, bien sûr, la trame sonore est majoritairement a capella.)

Leur premier film contient beaucoup, beaucoup de pets, surtout dans ses 20 premières minutes. Paul Dano joue un pauvre bougre coincé sur une île déserte. Alors qu’il est sur le point de se pendre, il trouve un cadavre échoué sur la rive. Soudain celui-ci commence à péter, et péter, et péter. Puis, à revenir tranquillement à la vie, poussant les deux hommes à se lier d’amitié d’une manière à la fois touchante tout en restant scatologique et sans prétention.

«J’adore prendre des trucs que nous et les autres gens détestons, qui devraient nous répugner, et les rendre enthousiasmant, beaux, transcendants et inspirants, explique Kwan. Je crois qu’il y a quelque chose de très important dans cette réflexion – l’habileté à s’identifier à quelque chose que vous détestez et à se forcer à trouver ce qu’il y a de merveilleux dans cette chose.»

Mais bon, ça reste un film à propos d’un cadavre péteur joué par Harry Potter. Kwan et Scheinert, qui préfèrent être appelés «Les Daniel», y voient une blague élaborée qui a échappé à leur contrôle. Plus l’histoire se transformait en un vrai film avec de vraies vedettes, meilleure la blague devenait.

«Le produit final n’est pas tout ce qui compte. Le processus est drôle: on a dû rencontrer des milliardaires et leur exposer CETTE idée», rigole Kwan.

«Nous voulons que beaucoup de gens voient Swiss Army Man – surtout des gens qui ne devraient pas l’aimer, a priori.» – Daniel Scheinert, co-créateur du film avec Daniel Kwan

Mais Swiss Army Man est bel et bien devenu un film touchant, sans être larmoyant ou sirupeux. On pourrait même dire que c’est devenu un film sur les craintes existentielles et l’étrangeté de la vie.

«On parlait du fait que quand quelqu’un meurt, ses sphincters se relâchent et son corps émet des gaz parce qu’il se décompose», se souvient Scheinert. Kwan dit être d’accord avec un commentaire récurrent au sujet de Swiss Army Man: l’œuvre représente une nouvelle forme de sincérité, consciente d’elle-même, mais pas cynique.

«Le pessimisme qui vient avec le post-modernisme est épuisant, dit Kwan. Nous voulons être complètement mis à nu, sincères, trouver la beauté dans toute chose. Mais en même temps, nous sommes conscients de nous-mêmes. Trouver un juste milieu là-dedans est notre but quand nous écrivons nos histoires.»

Les Daniel s’entendent pour dire que la meilleure blague serait que leur film devienne un succès grand public. «Nous voulons que beaucoup de gens le voient – surtout des gens qui ne devraient pas l’aimer, a priori, fait remarquer Scheinert. Si des gens emmènent leurs familles voir notre film, je serais tellement heureux. C’est arrivé à Sundance. On a rencontré des personnes relativement âgées qui nous ont dit:“Vous savez quoi? J’ai vraiment aimé ça! Ça m’a fait sentir jeune à nouveau!”»


Swiss Army Man
En salle dès vendredi

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