Collaboration spéciale Les passionnés derrière We’re Still Together : l’acteur Jesse Camacho, le réalisateur et scénariste Jesse Klein, son frère Joey, qui tient le rôle principal, l’actrice Brielle Robillard et les producteurs Marley Sniatowsky et Evren Boisjoli.

Karlovy Vary

Jesse Klein et ses complices étaient tout sourire, et tous ensemble, pour We’re Still Together, présenté en compétition et en première mondiale à Karlovy Vary.

«La raison pour laquelle je fais du cinéma – ou du moins, l’une des raisons principales –, c’est parce que j’adore son aspect collaboratif», dit Jesse Klein. Et c’est ainsi que ce gars d’équipe a réalisé We’re Still Together : en bande, avec ses amis. Dans le Montréal de son enfance, partiellement dans la maison de ses parents, avec son grand frère Joey dans le rôle principal, et ses potes Evren Boisjoli et Marley Sniatowsky – qui, pour la petite histoire, est l’un des propriétaires du Bar Loïc, dans Saint-Henri – à la production. Très Montréal.

Dans ce drame tourné principalement caméra à l’épaule, on marche dans les rues de NDG, on visite les abords du Campus de Loyola, on passe à côté du Esposito sur Sherbrooke, coin Wilson, on roule sous l’échangeur Turcot. Une pièce de Jef Barbara se fait entendre soudain, et la musique originale du Montréalais Alex Zhang Hungtai, alias Last Lizard, anciennement connu sous le nom de Dirty Beaches, rythme le tout.

«Mon style de cinéma est très orienté vers la famille, la communauté», note le réalisateur et scénariste, qui a étudié en com à Concordia. Preuve de cela : la campagne de sociofinancement Kickstarter qu’il a lancée et qui a permis, à son équipe et à lui, de s’envoler vers la République tchèque pour l’ensemble du festival. «Au-delà du côté financement, cela nous a permis de sentir que les gens étaient réellement derrière nous, qu’ils soutenaient le projet, note-t-il. On a travaillé sur ce film tellement longtemps! C’est super d’être ici, la programmation est fantastique, c’est magnifique. Et on a fait plusieurs soirées vraiment pas mal!»

Parlant de soirées, c’est une de celles qui dérapent qui est au cœur de son deuxième long métrage. Un film dans lequel deux gars se rencontrent, se soulent et draguent des filles en parcourant la ville. Pourtant, à ceux qui, à la lecture de ce résumé, imagineraient deux golden boys bien fringués et friqués, il faut préciser que le duo mis en scène par Jesse est tout autre. Il y a un jeune homme mal dans sa peau, qui se fait constamment écœurer et intimider. Et un père de famille en conflit avec sa femme, qui n’arrive à gérer ni ses émotions, ni ses sautes d’humeur, ni sa vie. Des types un peu perdus qui en viennent à sympathiser, le temps d’une nuit, dans une drôle de relation légèrement bancale. «Je n’ai pas délibérément décidé de créer des personnages non conformistes, remarque Jesse Klein. Mais je souhaitais explorer certains aspects de l’échec masculin. Montrer ce que signifie être seul, “insécure”, ostracisé.»

«On est arrivés ici et on a rencontré plein de gens super excités à l’idée de voir ce petit film canadien qu’on a fait avec mon frère et quelques amis en y mettant plein d’amour. C’est juste fou. Et extraordinaire!» –Jesse Klein, réalisateur et scénariste

Ensemble, les deux marginaux s’obstinent, se rentrent dedans, s’épaulent, à la lueur des lampadaires de la métropole. Celle dans laquelle Jesse a grandi, qu’il aime, qu’il connaît. Et qui est, pour lui, «un personnage du film». «Je trouve que Montréal a un look unique et je souhaitais l’explorer de nuit. Voir quelles émotions cela ferait ressortir chez les personnages.»

Et des émotions, il y en a tout plein dans ce drame où les protagonistes sont constamment en mouvement. À l’image de ces soirées de beuverie et de «pas sûr où on s’en va», où l’on bouge sans trop réfléchir d’un lieu à un autre, au hasard du destin et des rencontres avec des inconnus qui apparaissent momentanément, se greffent à nous ou disparaissent aussi rapidement qu’ils sont venus. «C’était important pour moi, que le film possède une authenticité. Qu’on sente que tout cela aurait réellement pu arriver, confie Jesse. Je voulais rester vrai. Montrer que les gens peuvent entrer dans nos vies. Puis en sortir. Juste comme ça.»

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