Cette semaine, on craque pour… De Palma, Jay Arner, Guillermo Del Toro, Le Voyant, Requiem pour un beau sans-cœur, L’éaln et Stranger Things.

1. De Palma
Véritable trip que ce docu monté à un rythme effréné, entrecoupé de scènes de films-cultes, dans lequel Brian De Palma parle, parle, parle. Charismatique, l’air d’un p’tit gars à 75 ans, le cinéaste américain se livre sans filtre aucun sur les jeux de pouvoir hollywoodiens, se souvient de toutes ces fois où il a été «crucifié» par la presse (et par le public) et balance des détails savoureux à la pelle (son directeur photo qui se met en furie contre l’acteur Cliff Robertson, car il se pointe sur le plateau bronzé «trop orange», «Bobby» De Niro qui ne connaît pas ses répliques pendant le tournage de Untouchables…).  Avec ce sourire «j’ai tout vu, plus rien ne m’étonne, ça me glisse dessus comme sur le dos d’un canard», le réal remarque avoir vécu plein «de choses dévastatrices dans sa carrière», puis lance au passage une phrase magique, comme «George et moi faisions les auditions pour Star Wars et Carrie en même temps». Magique, oui. (Natalia Wysocka)
N.B.: En plus de présenter De Palma, le documentaire réalisé par Noah Baumbach et Jake Paltrow, le Cinéma du Parc propose aussi une rétrospective de son œuvre. Chouette.

 

2. Jay Arner
Décontracté, pas stressé, le Vancouvérois Jay Arner compose des chansons où il donne son numéro de téléphone perso, où Dracula boit du vin rouge et où c’est platte, tellement platte, au skatepark. Mine de rien, ses airs bien ficelés et remplis de fins traits d’humour se faufilent dans notre esprit pour finir par y rester. Sur Jay II, son deuxième album (concept) paru sur Mint Records, le musicien fait des «ouh» et suscite un sentiment spatial. Relaxe. À voir en concert samedi au Poisson Noir. (Natalia Wysocka)

 

3. Guillermo Del Toro
Tous les fans finis d’un artiste le savent : parfois, on rencontre ledit artiste en vrai et on ressent comme un petit-méga pincement de déception au cœur. Parce qu’il est… comment dire… moins plaisant à côtoyer que son œuvre à découvrir. Ça arrive. Ou simplement parce qu’il est de mauvais poil. Ça arrive aussi. C’est humain. Mais l’amoureux fou des monstres qu’est Guillermo del Toro, lui, est aussi cool en live que ses films sont bons. Un nouveau rappel de ce fait nous a été offert lors de la conférence de presse qu’a donnée le grand cinéaste mexicain la semaine dernière, dans le cadre de Fantasia, devant un petit comité de passionnés. Honoré par le Prix Cheval Noir pour l’ensemble de sa carrière, GDT a parlé avec autant d’amour que d’autodérision de cinéma, de sa vie, de lui. Merci. (Natalia Wysocka)

 

4. Le Voyant
Il y a de ces destins qui projettent sur l’histoire une lumière rassérénante. La vie de Jacques Lusseyran, résistant aveugle dans la France occupée de la Deuxième Guerre mondiale et survivant du camp de Buchenwald, en fait partie. Paru en format poche en mai, le roman que consacre Jérôme Garcin à ce héros méconnu est une illustration de «la sidérante faculté de l’homme à combattre la mort, à résister à ce qui le détruit». Une œuvre scintillante dans la période de ténèbres que traverse actuellement la France. Aux éditions Folio. (Maxime Huard)

5. Requiem pour un beau sans-cœur
Un événement majeur marquera Fantasia cette année : la présentation, en collaboration avec Éléphant, mémoire du cinéma québécois, de la version restaurée du poignant thriller au titre magnifique de Robert Morin Requiem pour un beau sans-cœur. Paru en 1992, porté par un Gildor Roy suprême dans la peau d’un gangster colérique qui n’a plus rien à perdre, cette pièce maîtresse de notre 7e art sera projetée mardi à 18 h 30 à la Cinémathèque québécoise. Go! (Natalia Wysocka)

6. L’élan
Un géant à tête d’élan (ou faut-il dire un élan géant?) débarque dans un village sans trop qu’on sache d’où ni comment, et est pris sous l’aile d’une famille composée d’un père bêta, d’une mère en sérieux manque d’affection et d’une jeune fille qui ne se sent pas à sa place. Parmi ses nouvelles activités : savourer des boissons gazeuses pendant que ses nouveaux amis enfilent des kirs, se baigner et recevoir un pot de sirop d’érable du paternel («C’est du canadien!»). Porté par une narration passionnée de type «docu animalier», cet objet loufoque du réal français Étienne Labroue traite d’intégration, de différence, de destin. Pour reprendre le slogan volontairement douteux répété dans le film : «Prenez votre élan!» Mardi et vendredi prochains à Fantasia. (Natalia Wysocka)

 

7. Stranger Things
E.T., Stand By Me, Carrie, Strange Encounters of the Third Kind, trame sonore rappelant les films de John Carpenter… Les références aux années 1980 pleuvent dans la série Stranger Things, disponible sur Netflix. Mais ce n’est pas qu’une gimmick, et on embarque vraiment dans les aventures de ces personnages qui débutent par la disparition d’un jeune garçon et l’arrivée mystérieuse d’une fillette aux pouvoirs étranges. Et quel bonheur de revoir à l’écran Winona Ryder, touchante et solide dans le rôle de la mère du garçon disparu. (Jessica Émond-Ferrat)

On se désole pour…

Le décès de Garry Marshall
Garry Marshall avait pour habitude de dire qu’aucun des acteurs qui joueraient dans un de ses films ne gagnerait un Oscar. Ce qu’il gagnerait en retour? Une expérience de tournage du tonnerre. Il faut croire qu’il disait vrai : les stars se bousculaient au portillon pour jouer dans ses comédies romantiques sympathiques, rigolotes et sans prétention – à l’image de l’homme qu’il était. Décédé mardi à l’âge de 81 ans, le réalisateur fétiche de Julia Roberts, qui a signé le classique des classiques Pretty Woman, laisse derrière lui une filmographie amusante, charmante et colorée. Nul doute que sa joie de vivre survivra à sa mort. (Natalia Wysocka)

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